Les producteurs de lait mobilisés contre Lactalis

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LES PRODUCTEURS DE LAIT SE MOBILISENT CONTRE LACTALIS
LES PRODUCTEURS DE LAIT SE MOBILISENT CONTRE LACTALIS

STRASBOURG (Reuters) - Les producteurs de lait ont lancé vendredi une série d'actions en France contre Lactalis, premier transformateur mondial de produits laitiers, accusé de ne pas appliquer les hausses de prix d'achat négociées entre agriculteurs et industriels.

La Fédération nationale des industries laitières (Fnil) souligne toutefois que le niveau de prix payé aux producteurs est plus élevé que jamais auparavant en France, avec une moyenne de 341 euros les mille litres de janvier à octobre 2012.

Selon la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), qui est affiliée à la FNSEA, les accords passés durant l'été prévoyaient une hausse de 25 euros les 1.000 litres, soit 2,5 centimes par litre, pour atteindre un prix moyen de 345 euros les mille litres sur l'année 2013.

"Il manque selon les entreprises entre 5 et 10 euros par 1.000 litres pour atteindre le prix juste : celui des contrats, des indicateurs économiques des marchés faisant référence et de la médiation des pouvoirs publics", dit-elle dans un communiqué.

La mobilisation a pour nom "une journée sans Président", du nom d'un des produits phares de Lactalis, accusé de donner le la à une partie de la profession.

Dans le Bas-Rhin, la FDSEA avait demandé aux supermarchés de retirer de leurs rayons les produits du groupe industriel d'Ille-et-Vilaine pour toute la journée.

Les producteurs venus vérifier le respect de ces consignes se contentaient toutefois de coller sur les produits restés dans les rayons des magasins un autocollant fluorescent disant : "Cette entreprise ne paye pas les producteurs", comme l'a constaté Reuters à l'hypermarché Cora de Dorlisheim.

"Cette action doit faire revenir Lactalis autour de la table de négociation pour respecter les contrats", a expliqué aux journalistes Denis Ramspacher, président de la FDSEA et l'un des quatre vice-présidents de la FNPL.

Stéphane Biot, directeur de la grande surface et président régional de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), avait accepté d'accueillir les agriculteurs et de faire passer le message auprès de ses confrères, sans aller jusqu'à vider ses rayons.

"On n'a pas le droit de retirer les produits, mais on n'a pas réapprovisionné depuis hier", a-t-il expliqué. "On se retrouve un peu entre deux feux. On veut proposer les meilleurs prix à nos clients mais dans de bonnes conditions."

A l'inverse, la Fnil met en garde dans un communiqué contre les risques de pénurie en 2014 en raison de la hausse de la demande, notamment chinoise, qui devrait selon elle conduire à une nouvelle hausse des prix qui pourrait selon elle "avoir des conséquences catastrophiques".

La Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, insiste quant à elle sur le non respect des contrats par Danone et Lactalis. Elle demande la création d'une seule organisation de producteurs par bassin afin de négocier un contrat collectif pour l'ensemble des entreprises.

Gilbert Reilhac, avec Sybille de La Hamaide édité par Yves Clarisse

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