Les producteurs de fruits et légumes lancent leur logo «made in France»

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Afin de fidéliser leurs clients face à la concurrence étrangère, les maraîchers et arboriculteurs tricolores mettent en avant la qualité et la traçabilité de leurs produits.

Dans le sillage des éleveurs de viande, les 60.000 producteurs de fruit et légumes lancent à leur tour leur logo «made in France», pour orienter le consommateur dans son choix final. Ils l'ont présenté ce mardi à l'occasion des Assises des fruits et légumes qui se sont déroulées au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris.

Ce logo ressemble à celui de la viande, qui a été déjà bien mémorisée par les consommateurs. Il est de forme hexagonale, avec les couleurs bleu, blanc et rouge. Trois fruits et légumes sont dessinés au centre, tandis que la mention «Fruits et légumes de France» est bien visible. «Ce logo est le porte drapeau de l'engagement des professionnels français à produire des fruits et légumes de qualité, tout en garantissant leur traçabilité à l'acheteur, rappelle Bruno Dupont, président d'Interfel, l'interprofession des fruits et légumes. Nous voulons fidéliser le consommateur à la production made in France et le rassurer lorsqu'il achète des produits dans la grande distribution ou sur les marchés».

Avec ce logo, les maraîchers et arboriculteurs français adoptent un cahier des charges strict pour être en cohérence avec le message qu'ils veulent faire passer aux consommateurs. Ils ont pris neuf engagements auprès des pouvoirs publics, à qui ils demandent l'apposition de ce logo sur tous les lieux de vente. «L'étiquetage de l'origine est déjà obligatoire sur l'affichage des prix de vente. Ce logo doit aider les contrôleurs de la DGCCRF dans leur mission d'inspection», souligne Louis Ourenga, directeur d'Interfel.

Parmi les engagements, trois retiennent plus particulièrement l'attention. La filière s'engage notamment à promouvoir les démarches de «bio contrôles», c'est à dire des traitements de lutte biologique intégrée. De quoi éviter les produits phytosanitaires. «Nous le faisons par exemple pour éliminer les pucerons. Nous utilisons de l'huile de Neem qui vient de l'arbousier, explique au Figaro Daniel Sauvaître, président de l'Anpp (Association nationale des pommes et des poires). En revanche, pour lutter contre des champignons comme la tavelure, les nouvelles molécules sont plus efficaces et moins nocives que le cuivre utilisé en bio».

Lutte contre le gaspillage alimentaire

Autre engagement: la réduction du gaspillage alimentaire. Interfel a dévoilé les résultats d'une enquête réalisée par le cabinet Ressard consultants en partenariat avec l'Inra. Elle laisse apparaître qu'entre le lieu de production et le point de vente final, la perte est de 12 %. «Sur 100 kilos de fruits et légumes prêts à être récoltés, 88 kilos iront bien entre les mains des utilisateurs finaux, indique Bruno Dupont. Nous faisons tout pour réduire les pertes alimentaires. A tous les stades de la filière, nous développons les dons alimentaires. Ce n'est qu'en dernier recours que les produits non consommables sont valorisés par d'autres procédés comme la méthanisation ou l'alimentation animale».

Enfin les producteurs de fruits et légumes jouent le pari de la recherche et développement pour innover dans de nouveaux produits - comme la pomme Pink Lady, le dernier grand succès - ou de nouveaux traitements biologiques. «Nous engageons à investir 14 millions d'euros par an en R&D pour soutenir les innovations et la qualité de nos produits», détaille Louis Ourenga. Par ailleurs, les professionnels veulent favoriser l'export des fruits et légumes made in France. «Nous avons prévu d'investir collectivement au minimum 1 million d'euros par an pour soutenir la présence des produits tricolores sur les marchés extérieurs», poursuit-il.

Reste à savoir si cela sera suffisant pour reconquérir des parts de marché face à l'Espagne et l'Italie, les principaux rivaux de la France. L'Hexagone se place désormais au troisième rang des producteurs de fruits et légumes européens.

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