Les procureurs de la CPI accusent Nairobi de rétention d'informations

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AMSTERDAM, 7 octobre (Reuters) - Les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) ont accusé mardi le gouvernement kényan d'avoir dissimulé des relevés bancaires et téléphoniques qui leur permettraient de prouver que le président Uhuru Kenyatta a payé des collaborateurs pour participer aux violences post-électorales de 2007. Poursuivi pour crimes contre l'humanité, Uhuru Kenyatta est accusé par la CPI d'avoir co-orchestré les tueries à caractère ethnique qui ont fait 1.200 morts après l'élection présidentelle de décembre 2007 remportée par Mwai Kibaki. Elu président en mars 2013, il nie les charges retenues contre lui. "Il existe tout un ensemble de pièces qui auraient pu et dû être présentées mais ne l'ont pas été", a déploré le procureur Ben Gumpert. Un représentant du gouvernement a rejeté les allégations des procureurs, affirmant que Nairobi avait collaboré avec la CPI dans la limite des règles fixées par la loi. Les avocats du président kényan ont pour leur part déclaré que cette requête tentait de masquer le manque de preuves dans le dossier d'accusation. Les deux parties s'exprimaient lors d'une audience devant la CPI qui doit décider d'abandonner les poursuites ou accepter de repousser le procès dans l'attente des éléments de preuves requis. Le président kényan a annoncé lundi qu'il assisterait mercredi à La Haye à l'audience à laquelle il a été convoqué par la CPI, devenant ainsi le premier chef d'Etat en exercice à comparaître en personne devant la cour. (Thomas Escritt; Clémence Apetogbor pour le service français)

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