Les procès se succèdent contre les "anti-Notre-Dame-des-Landes"

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LES PROCÈS SE SUCCÈDENT CONTRE LES "ANTI-NOTRE-DAME-DES-LANDES"
LES PROCÈS SE SUCCÈDENT CONTRE LES "ANTI-NOTRE-DAME-DES-LANDES"

par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - Quatre opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) poursuivis pour association de malfaiteurs ont été relaxés vendredi par le tribunal correctionnel de Nantes, une décision saluée par 200 personnes venues les soutenir.

Ces deux hommes et deux femmes âgés de 23 à 29 ans ont été toutefois condamnés à des peines de trois à quatre mois de prison avec sursis pour avoir refusé de se soumettre aux prélèvements d'empreintes génétiques lors de leur arrestation le 17 juin sur le périphérique nantais.

Leur procès était le dernier en date d'une longue série, entamée après les violents heurts survenus le 22 février dans le centre-ville de Nantes en marge d'une manifestation qui avait réuni entre 20.000 et 50.000 personnes, selon les sources.

Quelque 120 CRS et gendarmes mobiles avaient été blessés ce jour-là à des degrés divers, tout comme des dizaines de manifestants. Le montant des dégâts sur les commerces et le mobilier urbain avait été évalué à un million d'euros par la mairie de Nantes.

CELLULE D'ENQUÊTE SPÉCIALE

Cinq mois plus tard, vingt-deux personnes ont ainsi été arrêtées par une cellule d'enquête spéciale, constituée de douze policiers.

Une cellule d'enquête "rare pour une manifestation", convient le directeur départemental de la sécurité publique en Loire-Atlantique, Jean-Christophe Bertrand, mais qui se justifiait alors "par l'ampleur des dégâts et des violences commises".

Un certain nombre de suspects ont ainsi été poursuivis par le parquet pour "participation à attroupement armé", un délit critiqué par les avocats des prévenus ou encore le Syndicat de la magistrature, qui y voit une "résurgence aggravée de la loi anti-casseurs".

"L'arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement et toujours en vigueur deux ans après l'alternance, s'est banalisé", juge le syndicat de magistrats, classé à gauche, dans un communiqué. "Recourir à la pénalisation de ces luttes, c'est enfermer dans l'illégalité toute pensée contestataire".

"DÉLIT FOURRE-TOUT"

"C'est un délit fourre-tout, retenu de façon hyper-opportune", juge Me Stéphane Vallée, avocat nantais d'un manifestant condamné mercredi à un an de prison ferme pour avoir foncé sur des CRS, brisé la vitrine d'une agence de voyages et descellé les pavés d'une ligne de tramway le 22 février.

"N'importe quel manifestant de la CGT qui fait éclater un pétard peut y passer !", estime-t-il.

Son client, qui avait déjà été condamné pour un vol à main armée devant une cour d'assises, n'a toutefois pas entendu le prononcé du jugement : il a pris la fuite lors du délibéré du tribunal, après que le parquet eut réclamé un an de prison et son incarcération immédiate.

Avant l'audience, il avait dénoncé "un procès politique" intenté par le ministère public, comme beaucoup d'autres opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

"On fait simplement un travail de police judiciaire : on a une infraction, et il faut que l'on retrouve ses auteurs", répond Laurent Chavanne, chef de la sûreté départementale en Loire-Atlantique.

(édité par Sophie Louet)

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