Les prix du pétrole resteront déprimés en 2016

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LES PRIX DU PÉTROLE RESTERONT DÉPRIMÉS EN 2016
LES PRIX DU PÉTROLE RESTERONT DÉPRIMÉS EN 2016

(Reuters) - Les prix du pétrole resteront déprimés en 2016 et les analystes continuent de revoir leurs prévisions en baisse, dans l'hypothèse probable d'un statu quo de l'Opep lors de sa réunion ministérielle de vendredi, montre une enquête Reuters publiée lundi.

La prévision moyenne des 31 analystes interrogés s'établit à 57,95 dollars pour le prix du Brent de mer du Nord en 2016, soit 57 cents de moins que dans l'enquête du mois dernier.

Il y a six mois, l'estimation moyenne pour le Brent s'élevait à 70,90 dollars, mais elle n'a cessé de baisser depuis lors.

Dans l'enquête de novembre, la prévision la plus élevée est celle de Bernstein, qui prédit un cours moyen du Brent à 86 dollars en 2016, alors que Natixis a l'estimation la plus basse, à 48,50 dollars le baril.

Le Brent de mer du Nord, référence du marché mondial, se traitait autour de 45 dollars lundi.

Pour le brut léger américain, l'estimation moyenne ressort à 53,73 dollars le baril, contre 54,4 le mois dernier et à comparer à un cours moyen de 49,95 dollars à ce stade en 2015.

L'Opep maintient sa stratégie de défense de ses parts de marché par une production élevée, au risque d'une baisse durable des cours qui pèse sur la situation financière de ses membres, Arabie saoudite comprise.

L'agence de notation Standard & Poor's a récemment estimé que le déficit budgétaire du royaume wahhabite atteindra 16% de son produit intérieur brut cette année contre seulement 1,5% en 2014.

Mais les analystes jugent hautement improbable une réduction de production, l'Arabie saoudite s'en tenant à sa politique destinée à mettre la pression sur les producteurs non-Opep aux coûts de production plus élevés.

"On voit une réduction des budgets d'investissement des compagnies pétrolières en 2015 et 2016 et, de plus, l'environnement de prix plus bas a stoppé la croissance de l'offre de schiste américain", observe Harry Tchilinguirian, analyste chez BNP Paribas. "Il n'y a aucune raison pour que l'Arabie saoudite modifie sa stratégie car celle-ci marche et doit être poursuivie encore un peu pour que ses résultats soient définitivement acquis."

Les analystes s'attendent ainsi à un statu quo à la réunion ministérielle de vendredi avant une réévaluation de la politique de l'Opep lors de la réunion suivante, à la mi-2016.

La demande de son côté devrait rester modérée par rapport à l'année dernière, ajoutent-ils.

"Le ralentissement de la croissance de la demande limitera le retrait des stocks, prolongeant d'autant la période nécessaire pour absorber ces derniers qui sont maintenant à des plus hauts de plusieurs années", commente Giorgos Beleris du service Oil Research and Forecasts de Thomson Reuters.

(Kevin Jose et Vijaykumar Vedala, Véronique Tison pour le service français)

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