Les prix du parking du Mont-Saint-Michel dans le viseur de la justice

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Les tarifs d'accès au site ont flambé de plus de 40% depuis juin 2013, conséquence de la mise en place de navettes après le déplacement du parking à plus de deux kilomètres du bord de mer. Le tribunal, qui doit rendre sa décision d'ici 15 jours, pourrait annuler cette hausse.

Le nouveau parking du Mont-Saint-Michel n'en finit pas de faire parler de lui. La hausse importante des tarifs d'accès au site - qui accueille plus de 2,5 millions de visiteurs chaque année - depuis 2013 a été pointée du doigt ce jeudi lors d'une audience au tribunal administratif de Caen où le rapporteur public en a demandé l'annulation.

Le 3 juin 2013, le prix du parking du Mont-Saint-Michel était passé, pour un véhicule particulier, de 8,50 à 12 euros, soit 40% de hausse. La mesure avait été justifiée par le fait qu'à partir de cette date les navettes prendraient les touristes dès le parking situé à 2,5 km du Mont, et non plus à 900 m. Ces modifications avaient fait l'objet d'un avenant au contrat par lequel les collectivités locales, rassemblées dans un syndicat mixte, avaient confié en 2009 la gestion du parking et des navettes à Veolia, devenu Veolia-Transdev.

Mais la commune du Mont-Saint-Michel et la société Sodetour, un des deux poids lourds du commerce dans ce secteur hautement touristique, ont saisi la justice pour lui demander d'annuler cet avenant à cause des tarifs. Le rapporteur public François-Joseph Revel leur a donné raison ce matin estimant que «l'importante hausse» constituait «une modification substantielle du contrat» ne pouvant prendre la forme d'un avenant.

2 millions d'euros de «recettes supplémentaires»

«Les chiffres nous semblent parler d'eux-mêmes», a estimé François-Joseph Revel. Le magistrat a relevé notamment une hausse de 48% pour les camping-cars, de 39% du bus entre la gare de Pontorson et le Mont, et de 64% de l'abonnement annuel au parking. Cette nouvelle grille représente deux millions d'euros de «recettes supplémentaires au profit du délégataire», a-t-il ajouté. Elle est en outre «susceptible d'avoir faussé le jeu de la concurrence» en 2009, a-t-il aussi estimé.

Malgré ces tarifs «aujourd'hui le contrat n'est pas viable économiquement», a plaidé Émeric Morice, l'avocat de Veolia-Transdev. «La fréquentation n'est pas là. Elle va venir mais si on change de point de départ tous les deux ans ça va être compliqué d'avoir une réelle fréquentation», a-t-il ajouté.

Le tribunal doit rendre sa décision dans plus d'une quinzaine de jours. Le 3 avril 2013, quelques centaines de personnes avaient manifesté contre cet avenant et les commerçants avaient baissé le rideau pendant deux heures. Depuis le 1er janvier 2015, le tarif est de 12,50 euros pour les véhicules particuliers (qui représentent plus des deux tiers des véhicules) contre 6 euros début 2012.

(Avec AFP)

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