Les prix des maisons de campagne baissent

le
0
INFOGRAPHIE - Les ventes de résidences secondaires devraient être moins nombreuses en 2012. L'occasion pour les acheteurs de négocier les prix, surtout s'ils rêvent de s'offrir un toit au vert. Là où les prix devraient le plus reculer.

La plupart des réseaux immobiliers prévoient cette année une baisse des prix dans l'immobilier ancien et même dans le neuf. Les résidences secondaires devraient logiquement suivre la même tendance mais les prix n'évolueront pas partout au même rythme. Selon Pierre Bazaille, notaire à Givors et président de l'Institut notarial de l'immobilier, le marché réagit bien différemment selon que l'on s'intéresse à la campagne, à la montagne ou au bord de mer. «Le vert souffre depuis 2008 et ne s'est jamais vraiment remis de la crise, estime-t-il. Quant au blanc et au bleu, c'est beaucoup plus contrasté: les endroits et le genre de biens les plus recherchés se portent bien, avec un haut de gamme tiré par les étrangers alors que les petits appartements et les stations moins réputées sont à la peine.»

Alors que l'immobilier de luxe a connu une excellente année 2011 et reste bien orienté, les logements de gamme moyenne auront plus de mal à trouver preneur. Et comme il reste du stock, les vendeurs qui doivent réaliser leur vente pourraient se montrer plus conciliants.

«Achats de confort»

 

 

De son côté, Bernard Cadeau, président d'Orpi estime que les prix seront orientés à la baisse, sans en préciser l'ampleur. Il s'attend à un décrochage des volumes de ventes de 20%. «La modification de la fiscalité sur les plus-values a été un très mauvais coup porté à ce ­marché, rappelle-t-il en soulignant que son réseau avait perdu 5000 mandats de ventes immédiatement après l'annonce de cette mesure. Mais notre problème principal, c'est le pouvoir d'achat. En temps de crise, on se détourne en priorité de ces achats de confort.» Selon lui, les importants coûts liés à la résidence secondaire ainsi que l'alternative bon marché de week-ends et courts séjours à l'étranger devraient dissuader bien des acheteurs cette année.

 

 

Chez Era Immobilier, on prédit une période plutôt attentiste pour le premier semestre. «Fin 2011, nous avons connu dans certaines agences un bond des ventes avant le changement de fiscalité, explique le directeur marketing, Jérôme Bost. À Biscarosse, par exemple grâce à une excellente fin d'année, les ventes annuelles ont bondi de 30% par rapport à 2010, qui était déjà une bonne année.» Résultat: dans les secteurs recherchés, il ne reste plus énormément de biens. Pas question de faire monter les prix pour autant puisque la demande est elle aussi orientée à la baisse. Non loin de là, à Arcachon, Laurent Bachelet chez Laforêt confirme cette analyse. «Notre offre est en baisse sensible. Les maisons restent très recherchées, mais au-delà de 400.000 à 500.000 cela commence à coincer.»

 

À Ménerbes, Lionel Houant à la tête de l'Immobilière du Luberon reste, lui, confiant. «La région est toujours aussi attractive et si nous avons perdu un peu d'Anglais, nous avons compensé avec des Suisses, des Américains et aussi une percée du Benelux. La demande reste soutenue pour les biens entre 800.000 euros et 1,3 million d'euros.» Selon lui, les prix devraient rester stables et seuls les biens «hors marché» sont corrigés à la baisse. «La clientèle qui a de l'argent veut plus que jamais l'investir dans la pierre», note-t-il en relevant que jamais les paiements comptants n'ont été aussi importants.

«Ralentissement sur Trouville»

Les perles normandes devraient, elles aussi, se maintenir. «Nous avons connu un dernier trimestre très actif, souligne Patricia Bourgay chez Laforêt à Honfleur. Pour 2012, on peut s'attendre à un ralentissement sur Trouville tandis que Deauvile conserve toujours sa cote.» Quant aux prix, ils bougent peu à l'affichage, mais les acheteurs s'enhardissent dans des négociations de plus en plus serrées.

C'est dans les budgets plus étroits que se feront peut-être les bonnes affaires. À Saint-Valery-en-Caux (Seine-Maritime), Éric Vallin de Century 21 se risque à prévoir pour 2011 «une baisse des volumes de 15% et un recul des prix de 4 à 5%». Là, l'essentiel du marché se situe sous la barre des 200.000 euros avec une demande concernant surtout des «maisons de pays authentiques sans gros travaux».

Des vendeurs trop gourmands

Les biens mis en vente trop cher ne se vendent plus, et leurs propriétaires doivent s'armer de patience. «À Aix-en-Provence, on peut mettre deux à trois ans pour vendre certains biens», explique Thibault de Saint Vincent, le président de Barnes, citant une maison proposée à 4 millions d'euros dont le prix a été abaissé de 20% au bout d'un an et qui s'est finalement vendue moins de 2,5 millions d'euros.  Une négociation hors normes. À Paris, les marges de négociation sont plus faibles. Sauf sur certains biens d'exception. L'appartement d'Yves Saint Laurent s'est ainsi vendu nettement en dessous  du prix initial.

LIRE AUSSI: 

» Vers des logements moins chers fin 2012 

» Quatre raisons à la baisse annoncée de l'immobilier 

SERVICE:

» Retrouvez toutes les annonces immobilières avec Explorimmo

SUIVEZ LE FIGARO IMMO SUR:

» Twitter: @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant