Les prix des carburants s'envolent

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Le gazole et le sans plomb sont à leur plus haut niveau depuis deux ans. La combinaison de l'augmentation du prix du brut, de la baisse de l'euro et du froid précoce dopant la demande de fioul, explique cette hausse.

Le climat est sévère également pour l'automobiliste. Le dernier relevé de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) témoigne en effet d'une hausse sensible des prix des carburants. Le gazole comme le super sans plomb 95 sont aujourd'hui à leur plus haut niveau depuis deux ans. La semaine dernière, le ­premier, qui représente 75% des ventes, coûtait en moyenne 1,2023 euro par litre, en progression de 6,4% depuis la fin de l'été. Quant au SP 95, il culmine à 1,3947 euro. Avec un record parisien de 1,69 euro! Certes, les records historiques du printemps 2008 sont encore loin. À l'époque, alors que le baril de brut avait tutoyé la barre des 150 dollars, le gazole avait atteint un pic, à 1,4541 euro le litre, et le SP 95 aussi, à 1,4971 euro.

Trois facteurs se combinent aujourd'hui pour expliquer la hausse du prix à la pompe. Premièrement, la hausse du prix du baril de brut, de «pratiquement 20% depuis le début de l'année», rappelle Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip (Union française des industries pétrolières). Le brut a abordé 2010 autour de 75 dollars pour se hisser ces derniers jours à 90 dollars. Et le mouvement semble devoir perdurer. Il faut généralement entre huit et dix jours pour qu'une hausse du baril se répercute sur le prix à la pompe en France. Les fluctuations du brut sont toutefois lissées pour éviter des changements de prix quotidiens, note-t-on chez Total.

Le facteur grèves oublié

Deuxième facteur: la chute de la monnaie européenne. «Avec un euro autour de 1,40 dollar en début d'année, contre 1,32 actuellement, résume Jean-Louis Schilansky, il faut tout simplement plus d'euros pour acheter un baril qui se paie en dollars.» Exprimé en euro, le baril a progressé de 53 à 68 euros, soit une hausse de 28%.

S'ajoute un troisième facteur, saisonnier: le froid précoce qui s'est abattu sur une partie de l'Europe dès les derniers jours de novembre. La chute du thermomètre provoque une hausse de la consommation de fioul pour chauffer maisons et entreprises. Or le fioul provenant de la même «base» pétrolière que le gazole, la tension sur la demande tire les prix.

Le président de l'Ufip assure en revanche que les grèves et les blocages des dépôts pétroliers du mois d'octobre, qui avaient eu un impact très sensible sur les carburants à l'époque, n'ont laissé aucune trace sur les prix aujourd'hui.

Cette flambée inquiète l'association de consommateurs CLCV, qui relève que 3,4 millions de Français sont déjà considérés en situation de «précarité énergétique».

Pour le moment, le gouvernement n'a pas encore réagi. Mais si l'inflation des carburants devait se poursuivre comme c'est probable, les pouvoirs publics inciteront une fois de plus les opérateurs à faire preuve de modération.

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