Les prix des carburants poursuivent leur baisse

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INFOGRAPHIES - Gazole et essence voient leur prix diminuer depuis le début du mois de juillet, tirés vers le bas par la baisse des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Une aubaine pour les vacanciers.

Coincés dans les bouchons qui les mèneront sur leur lieu de vacances ou à la maison (voire au travail pour les moins chanceux), les automobilistes pourront se réjouir d'une chose: le budget carburant sera un peu moins élevé que prévu. Selon les derniers chiffres relevés par Carbeo, le litre de gazole, carburant le plus vendu en France, vaut en moyenne aujourd'hui 1,182 euro, soit 3,3 centimes de moins qu'il y a un mois (-2,7%). Côté essence, la baisse est moins prononcée sur la même période mais toutefois existante: le sans plomb 95 vaut 1,435 euro/l, en baisse de 1,1 centime (-0,8%) tandis que le sans plomb 98 s'achète 1,497 euro/l, en recul de 0,5 centime (-0,3%).

Cette baisse s'observe de manière quasi continue depuis le début du mois de juillet. Selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), elle intervient dans un contexte de repli des cours du pétrole sur la même période. En effet, depuis un mois, le baril de «light sweet crude» (WTI) a perdu 20,17% et celui du Brent a abandonné 16,09%. Ce matin encore, le WTI cédait 43 cents à 46,96 dollars tandis que le Brent perdait 55 cents à 52,92 dollars. Le marché, qui s'était stabilisé autour de 60 dollars le baril au cours du printemps, se rapproche de ses plus bas niveaux depuis six ans, qu'il avait atteint en mars, sous les 45 dollars.

Une offre trop abondante

Cette déprime trouve racine dans les déséquilibres persistants du marché pétrolier mondial. L'offre reste surabondante mais les producteurs, Opep en tête, refusent toujours de fermer les robinets. Le cartel a maintenu inchangé son plafond théorique de production à 30 millions de barils par jour (bpj) en juin. Les producteurs continuent à pomper «pour préserver leur avantage commercial ou parce qu'ils font le pari d'un futur relèvement des cours qui leur permettra de vendre à bon prix le brut aujourd'hui excédentaire», explique Michael McCarthy chez CMC Markets.

Le marché craint également que l'accord conclu le 14 juillet sur le nucléaire iranien n'aggrave l'excès d'offre. L'Iran, qui dispose des quatrièmes réserves mondiales de pétrole, pourrait doubler ses exportations dans les deux mois, selon les autorités de la République islamique. À cela s'ajoute la production américaine qui ne montre pas de signe de ralentissement. La semaine dernière, les producteurs américains ont augmenté de 21 le nombre de puits actifs, hausse la plus marquée en un an, selon Baker Hughes.

En face, la demande reste atone. Les marchés s'inquiètent notamment des signaux négatifs envoyés par la Chine. La chute de 8,5% de la Bourse de Shanghai hier a montré les limites de l'action gouvernementale pour restaurer la confiance des investisseurs dans la deuxième économie mondiale.

Taxes en hausse

Dans ce contexte, difficile d'imaginer une remontée rapide des cours. «Étant donné la détermination des pays producteurs de pétrole à maintenir leur niveau d'offre, voire à l'augmenter, il est probable que n'ayons toujours pas touché le fond», estime Michael McCarthy chez CMC Markets.

De quoi imaginer une nouvelle baisse des prix à la pompe...mais pas une dégringolade immédiate. Pour rappel, le prix du pétrole brut ne représente qu'environ un tiers du prix des carburants, alors que les taxes, qui ont encore augmenté au 1er janvier, pèse 60% dans le prix final. S'ajoutent aussi les coûts de transport/distribution et de raffinage, qui sont indépendants des aléas du marché pétrolier. La chute du baril ne sera donc pas répercutée dans les mêmes proportions à la pompe et subira toujours un décalage de quelques jours, comme le rappelait l'Ufip en décembre dernier.

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