Les prix à la pompe devraient rester stables en 2014

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Les carburants évoluent actuellement au même niveau qu'en janvier.

S'est-il passé quelque chose sur le front des carburants en 2013? À moins d'un mois de la fin de l'année, le litre de super sans plomb 95 (SP 95) s'établit en moyenne à 1,499 euro - selon les relevés de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) - contre 1,50 à la veille du 1er janvier 2012. Autrement dit, il n'y a pas d'écart. Quant au gazole, il pointe actuellement à 1,333 euro contre 1,35 au début de l'année, soit une très légère majoration. «Effectivement, nous avons connu une période de grande stabilité, dans le sillage de prix du pétrole qui ont rarement dépassé 110 dollars le baril, commente Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip, le marché n'a connu que deux - timides - poussées de fièvre: début mars avec la crainte de la baisse des livraisons libyennes, puis septembre avec un risque de contagion pour la guerre en Syrie.» Depuis le début de l'année, le cours du baril s'élève à 108,80 dollars en moyenne, soit 82 euros.

Retour de l'Irak et l'Iran

En comparaison, l'année 2012 a été beaucoup plus chahutée: le brut, qui avait démarré l'année à 110 dollars, s'est hissé jusqu'à 125 en mars, avant de retomber à 95 avant l'été puis de remonter à 113 en septembre. Ces variations brutales ont eu des répercussions à la pompe: en août 2012, le SP 95 a culminé à 1,61 euro, soit 10 centimes de plus que le prix le plus haut en 2013. «Les brutales accélérations de 2012 ont eu pour effet de conduire le gouvernement à geler les prix pendant quatre mois», rappelle l'Ufip. En l'occurrence, tandis que les pouvoirs publics ont baissé de 3 centimes le montant de la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE), les distributeurs ont eux aussi accepté de rogner leurs marges de trois centimes. En 2013, il n'y a aucune décision de ce genre, «synonyme d'un certain apaisement à la pompe», ajoute Jean-Louis Schilansky. Pour 2014, les experts pétroliers s'accordent sur le maintien d'une certaine stabilité, guidée par le respect des fondamentaux: non seulement le marché est aujourd'hui bien approvisionné, mais la possibilité de voir bientôt l'Irak et l'Iran augmenter leurs exportations pourrait faire que l'Opep peine à maintenir le prix du pétrole au-dessus de 100 dollars. «Nous n'en sommes pas encore là, mais la relative accalmie au Moyen-Orient ouvre une perspective encore incongrue il y a quelques mois», souligne un analyste.

Pour Jean-Louis Schilansky, l'absence de tensions s'explique aussi par la hausse de la production en Amérique du Nord. «Grâce au gaz et au pétrole de schiste, les États-Unis produisent désormais 2 millions de barils par jour (mbj), soit plus que la consommation française (1,6 mbj). Autrement dit, le pays est moins dépendant sur le plan énergétique, ce qui diminue d'autant les foyers d'inquiétude sur les marchés liés à la sécurité d'approvisionnement.» Actuellement, les États-Unis consomment quelque 16,5 millions de barils par jour, ce qui en fait le plus gros consommateur mondial, et de loin, devant la Chine (9,7 mbj), le Japon (4,5 mbj), la Russie (2,9 mbj) et le Brésil (2,5 mbj). Quant à l'Union européenne, elle a consommé 11,7 mbj en 2012.

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  • lsleleu le mardi 10 déc 2013 à 13:30

    On a trouvé une nouvelle boulle de cristal?