Les privatisations russes ne séduisent pas les banques occidentales

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    * Les banques occidentales rechignent à conseiller 
    * Ce qui est de mauvais augure pour obtenir un bon prix 
    * Lundi était la date limite de réponse des banques 
 
    par Oksana Kobzeva et Olga Popova 
    MOSCOU, 22 mars (Reuters) - Les banques occidentales 
rechignent à conseiller la Russie sur ses privatisations, de 
crainte d'enfreindre les sanctions imposées à Moscou pour son 
rôle dans le conflit ukrainien, ont dit à Reuters trois sources 
bancaires occidentales. 
    Un responsable de l'Union européenne (UE) a prévenu la 
semaine dernière les banques qui envisagent de souscrire des 
emprunts russes de vérifier qu'un tel placement n'est pas un 
moyen de contourner les sanctions frappant les entreprises 
publiques du pays. 
    De même, le gouvernement américain a prévenu certaines 
banques qu'acheter de la dette russe saperait les sanctions 
internationales imposées à la Russie dans le dossier ukrainien, 
rapportait le Wall Street Journal le mois dernier. 
    Le ministère de l'Economie russe a sollicité des banques la 
semaine passée pour jouer un éventuel rôle de conseil dans les 
cessions prévues de 50,08% du capital du groupe pétrolier 
Bashneft  BANE.MM , de 10,09% des mines de diamants Alrosa 
 ALRS.MM  et de 10,9% de la banque VTB  VTBR.MM . 
    Les banques avaient jusqu'au 21 mars inclus pour répondre. 
    "Nous n'y participerons pas. Nous le voulions d'abord mais 
nous avons parlé à d'autres banques européennes et américaines 
et nous sommes aperçus que toutes s'abstiendraient", a dit le 
banquier d'un établissement américain contacté.  
    Si les banques occidentales restent sur la touche, la Russie 
aura du mal à céder ces actifs à un prix intéressant car les 
investisseurs étrangers suivent en général les avis des banques 
internationales. 
    Une autre possibilité serait alors de vendre tout ou partie 
des participations à un investisseur stratégique. Aux cours 
actuels, l'opération pourrait rapporter dans les 430 milliards 
de roubles (5,7 milliards d'euros), suivant des calculs de 
Reuters. 
    Des hommes d'affaires russes tels Viktor Vekselberg, 
l'ex-copropriétaire de la coentreprise pétrolière TNK-BP, et 
Vagit Alekperov, le patron du pétrolier Lukoil  LKOH.MM , sont 
apparemment intéressés par ces actifs. 
    Au risque de voir se répéter le scénario de la vague de 
privatisations des années 90, soit la naissance d'une nouvelle 
oligarchie russe avec un creusement présumé des inégalités entre 
riches et pauvres, préviennent les analystes.  
     
    10 BANQUES ONT RÉPONDU    
    Goldman Sachs  GS.N , JP Morgan  JPM.N , Credit Suisse 
 CSGN.S , Deutsche Bank  DBKGn.DE , Morgan Stanley  MS.N , 
Barclays  BARC.L , Royal Bank of Scotland  RBS.L , BNP Paribas 
 BNPP.PA , UBS  UBSG.S , Citi  C.N , UniCredit  CRDI.MI , 
Société Générale  SOGN.PA , Bank of America Merrill Lynch 
 BAC.N  et Raiffeisen  RBIV.VI  figuraient parmi les banques 
occidentales contactées. 
    Nikolaï Podgouzov, secrétaire d'Etat à l'Economie russe, a 
dit mardi, cité par des agences de presse locales, que 10 
banques avaient répondu au ministère, y compris des banques 
occidentales. Il n'a pas été plus précis. 
    Des banques russes, ou leurs filiales, ont également été 
invitées à soumettre leurs propositions, à savoir Sberbank 
 SBER.MM , VTB, VEB, Gazprombank, Renaissance Capital, Alfa 
Bank, MDM Bank et The Auction House of Russian Federation. 
    Les banques d'investissement occidentales ont fermé ou 
réduit leurs activités en Russie, dont l'économie ploie sous les 
sanctions internationales et la chute des prix des matières 
premières. 
    Toutefois, des sociétés financières telles que Rothschild 
ont pu faire de l'argent en restructurant la dette de la Russie 
et d'autres pays de l'ex-URSS. 
    Le ministère des Finances russe table sur les recettes des 
privatisations pour équilibrer son budget et ne pas dépasser un 
déficit de 3% du PIB cette année. 
     
 
 (Avec Darya Korsunskaya et Denis Dyomkin à Moscou, Sujata Rao à 
Londres, avec Katya Golubkova, Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Marc Joanny) 
 

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  • M3182284 il y a 9 mois

    Normal, les derniers à avoir acheté ont été empoisonnés au polonium