Les privatisations n'ont plus la cote, pour l'instant

le
0

(lerevenu.com) - En 2010, le total des privatisations avait atteint un record historique (159,9 milliards d'euros). L'année dernière, le mouvement des privatisations a été gêné par la crise de la dette souveraine en Europe et la polémique sur la hausse de la capacité d'emprunt du gouvernement fédéral américain. Les États n'ont cédé aux marchés financiers que 68,2 milliards d'euros d'actifs, soit moitié moins que l'année antérieure, selon les chiffres compilés par Privatization Barometer, un portail Internet lancé en 2003 par la fondation Eni Enrico Mattei avec l'appui du réseau de conseil KPMG en Italie.

La privatisation la plus importante de 2011 (6,13 milliards d'euros) a été la cession, par le Trésor américain, au mois de mai, d'une partie de sa participation dans AIG, qui a été ramenée de 92 à 77%. L'assureur américain avait été sauvé de la faillite, en 2008, par sa nationalisation. Mais cette opération masque le phénomène dominant de 2011 qui a été l'annulation d'un grand nombre de cessions d'actifs publics par les États, pour un montant total de 26,1 milliards d'euros, dont deux en Espagne (17 milliards), des décisions prises par Madrid au dernier moment. Il s'agissait de l'entreprise du loto national (Sociedad Estatla de Loterias y Apuestas del Estado Sa) et de la concession des aéroports de Madrid (Barajas) et Barcelone (El Prat).

La part de l'Europe dans les privatisations de 2011 s'est fortement contractée, en représentant plus que 27,9% du total mondial, contre 68,2% en 2008. L'Observatoire italien a établi le classement des privatisations les plus importantes, avec National Asset Management Agency (NAMA), en tête avec 3,9 milliards d'euros levés par l'État irlandais pour céder cette agence créée pou racheter les biens immobiliers d'emprunteurs saisis depuis la crise de 2008. En deuxième position, Energias de Portugal (EDP) a procuré 2,7 milliards d'euros à l'État portugais qui en a cédé 21% à la société chinoise Three Gorges Corporation. Il n'a fallu que 90 minutes à l'Etat suédois pour trouver preneur de 6,3% (2,17 milliards d'euros) dans l'établissement financier Nordea Bank AB. Quant à l'État français, il a eu recours à une privatisation en trompe-l'?il, en avril 2011, avec la cession de 26,32% de La Poste à la Caisse des dépôts et consignations.

L'Observatoire note que le premier semestre écoulé semble témoigner d'une légère reprise des privatisations dans le monde. La plus grosse opération de l'année (11 milliards d'euros) a été la cession par l'État brésilien des concessions de trente ans dans les trois plus grands importants aéroports du pays, dont Guarulhos (Sao Paulo) dont les titres ont été sursouscrits cinq fois, grâce à l'engouement des investisseurs institutionnels brésiliens. En mars 2012, l'État indien a vendu une participation de 5% dans Oil and Natural Gas Company (ONGC). Peu avant, en février dernier, l'État portugais a cédé pour 592 millions d'euros 40% dans la société Redes Energeticas Nationais (REN) à son homologue chinois.

Les auteurs du Privatization Barometer se déclarent optimistes pour le second semestre. Ils rappellent les projets du gouvernement grec qui prévoit de céder pour 19 milliards d'euros d'actifs publics et 42 milliards d'ici à 2015. En juin dernier, l'État russe a évoqué ses projets de privatisations pour 7,4 milliards d'euros et 25 milliards, d'ici à 2016. Enfin, précise l'Observatoire, de nombreux autres États veulent se défaire de sociétés publiques, la Pologne, l'Espagne, le Portugal, la Roumanie, l'Ukraine, le Nigeria et l'Italie.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant