Les principaux indices européens terminent en baisse sauf le Dax

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PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé lundi dans le rouge à l'exception de Francfort, les investisseurs choisissant le jour du lancement par la Banque centrale européenne de son programme de rachat de dette pour récolter une partie des bénéfices réalisés depuis l'annonce par l'institut d'émission de ce plan destiné à relancer le crédit et l'inflation dans la zone euro.

Les places européennes ont prospéré depuis le début de l'année dans la perspective de ce programme d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE), qui a débuté lundi comme prévu et doit permettre à la BCE d'injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans l'économie de l'union monétaire d'ici à septembre 2016.

La Réserve fédérale américaine, elle, a achevé dès l'automne dernier son propre programme de rachat de dette et se prépare désormais à relever ses taux d'intérêt pour la première fois depuis la crise financière, même si le calendrier fait toujours débat.

"Les actions européennes ont gagné 15% depuis le début de l'année et l'impact positif du QE a été largement anticipé", explique Pierre Martin, de Saxo Bank. "Avec des doutes sur le moment où la Fed commencera à relever ses taux, les gens sont tentés de simplement prendre leurs bénéfices".

À Paris, l'indice CAC 40 a perdu 0,55% (27,15 points) à 4.937,20 points. À Francfort, le Dax a gagné 0,27% et, à Londres, le FTSE s'est replié de 0,51%. L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 et l'EuroStoxx 50 de la zone euro ont abandonné respectivement 0,20% et 0,24%.

Aux valeurs en Europe, les banques grecques, toujours aussi volatiles, ont à nouveau piqué du nez, le jour d'une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro pour discuter des réformes présentées par le gouvernement d'Alexis Tsipras.

La Grèce doit arrêter de perdre du temps et engager des discussions avec ses créanciers internationaux sur l'achèvement de son plan d'aide et sur la mise en oeuvre de réformes, a déclaré à cette occasion le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Le gouvernement grec s'est déclaré pour sa part prêt a proposer "immédiatement" de nouvelles réformes.

"Le marché s'est peu être détourné trop vite de la Grèce après l'accord initial", commente Jeremy Batstone-Carr, analyste de marché chez Charles Stanley. "Clairement, de nombreux points restent à discuter".

Dans ce contexte, la Banque du Pirée a chuté de 12,35% et la Banque nationale de Grèce de 6,30%, contribuant à un recul de 4,18% de l'indice général de la Bourse d'Athènes.

A Paris, les valeurs télécoms ont plongé à la veille d'une conférence de presse du groupe de Xavier Niel, Iliad, propriétaire de Free, sur fond de craintes d'une relance de la guerre des prix entre les opérateurs. Le numéro un du secteur, Orange, a ainsi perdu 5,73%, la plus forte baisse de l'indice parisien, et Numericable 9,7%..

Si le début du programme de rachat de dette de la BCE n'a pas réellement ému les marchés actions, il a en revanche fait grimper les obligations d'Etat de la zone euro, le rendement du Bund allemand à 10 ans, obligation de référence au sein de l'union monétaire, perdant jusqu'à neuf points de base, à 0,31%.

Sur le marché des changes, l'euro a touché un plus bas face au dollar depuis septembre 2003, à 1,0821 dollar, avant de relever un peu la tête.

A l'heure de la clôture en Europe, Wall Street était orientée à la hausse, esquissant un rebond après deux baisses hebdomadaires d'affilée.

(Patrick Vignal pour le service français, avec Blaise Robinson et Alistair Smout, édité par Marc Angrand)

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