Les primaires UMP de Paris entachées de soupçon

le
4
LES PRIMAIRES UMP DE PARIS ENTACHÉES DE SOUPÇON
LES PRIMAIRES UMP DE PARIS ENTACHÉES DE SOUPÇON

PARIS (Reuters) - Les primaires d'investiture de l'UMP pour l'élection municipale à Paris en 2014 ont débuté vendredi dans un climat pesant alimenté par les soupçons de candidats et d'électeurs sur la fiabilité du scrutin.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a demandé aux candidats de "faire preuve de modération et de sang-froid". "La compétition est légitime, mais elle doit avoir lieu dans le respect des uns et des autres", dit-il dans un communiqué.

L'un des quatre prétendants, Pierre-Yves Bournazel, a réclamé la suspension immédiate du vote électronique en raison, selon lui, de dysfonctionnements et d'entorses au règlement de la part de l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet, la favorite.

Le président du conseil supérieur des primaires, l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, a rejeté sa demande et ses griefs, soulignant que les opérations de vote iraient à leur terme. "Le vote se passe plutôt bien et il n'y a pas de cas de fraudes avérés", a-t-il dit sur i>Télé.

"Les raisons que Pierre-Yves Bournazel invoque ne sont absolument pas corroborées par la réalité", a déclaré sur BFM TV Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris.

Dans un communiqué diffusé en début de soirée, Nathalie Kosciusko-Morizet dit avoir constaté des "tentatives répétées d'intimidation des électeurs" et demande une réunion d'urgence du conseil des primaires, à l'instar de Jean-François Legaret.

L'autorité de supervision réunira samedi les candidats, tenus théoriquement à une stricte réserve durant le vote, à 16h00 pour faire le point des opérations.

Le premier tour de ce vote électronique, une première pour l'UMP et pour une élection municipale, a débuté à 08h00 jusqu'au lundi 3 juin 19h00.

Quatre candidats sont en lice : l'ancienne ministre et députée de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet, 40 ans, le maire du 1er arrondissement Jean-François Legaret, 60 ans, le jeune copéiste Pierre-Yves Bournazel, 35 ans, élu du 18e arrondissement, et Franck Margain, 51 ans, vice-président du Parti chrétien-démocrate (PCD) et conseiller régional.

USURPATION D'IDENTITÉS

Les électeurs parisiens peuvent s'inscrire par internet moyennant trois euros jusqu'au 3 juin à 18h00, un délai repoussé contre l'avis des trois concurrents de "NKM" qui jugent ce report nuisible à la transparence et à la sincérité du vote.

Entre 18.000 et 19.000 personnes s'étaient inscrites jeudi, alors que la fédération UMP locale recense 30.000 militants. À l'ouverture du scrutin, elles devaient recevoir deux codes leur permettant de voter, l'un par SMS, l'autre par courriel.

La fédération UMP de Paris, qui a fait appel à une filiale de La Poste, assure s'être entourée de tous les garde-fous pour éviter toute fraude ou dysfonctionnement et une réédition du fiasco de l'automne dernier, lors de l'élection interne à la présidence de l'UMP, qui s'effectuait par vote papier.

Mais un test de Metronews a jeté le trouble vendredi. Des journalistes du quotidien, accusés de réception à l'appui, sont parvenus à voter au nom de trois électeurs différents, preuve selon eux "qu'il est possible de frauder aisément".

Dès jeudi soir, Nathalie Kosciusko-Morizet s'était inquiétée des difficultés techniques que rencontraient d'aspirants votants. Des "bugs" sont en effet intervenus jeudi, limitant le nombre des inscriptions du jour à quelque 200, mais ils ont été écartés depuis, ont précisé les organisateurs.

"ON A DÉJÀ ÉTÉ ASSEZ RIDICULES"

Pierre-Yves Bournazel a demandé vendredi après-midi l'arrêt du processus discrédité selon lui par ces défaillances. Pour l'élu UMP, le vote est "publiquement ridiculisé".

Il accuse en outre les soutiens parisiens de Nathalie-Kosciusko-Morizet, comme les députés Claude Goasguen ou Bernard Debré, d'avoir organisé dans leurs permanences des "bureaux de vote" officieux, sous couvert d'assistance aux électeurs, alors que la campagne des primaires est close depuis jeudi minuit.

"C'est une situation inacceptable qui ne permet plus aujourd'hui de croire en la sincérité du scrutin", a dit Pierre-Yves Bournazel. "Aucun d'entre nous ne peut aujourd'hui sortir légitimé, aucun d'entre nous n'aura l'autorité et la légitimité nécessaires pour affronter la majorité sortante en 2014".

Concédant "deux ou trois bugs" et une certaine difficulté à voter en raison d'un système "hyper-sécurisé", Bernard Debré a accusé l'élu de "briser l'image de l'UMP". "On nous dit qu'il y a des triches, quelles triches?", a-t-il lancé sur i>Télé.

Quant à d'éventuels "bureaux de vote" déguisés, le député a expliqué qu'une assistance téléphonique avait été instaurée pour les électeurs déboussolés. "On ne leur demande pas pour qui ils votent, on leur donne la marche à suivre", a-t-il dit.

"On a déjà été assez ridicules la dernière fois, on ne va pas recommencer", a-t-il ajouté.

Franck Margain a lancé un appel au calme afin de "ne pas compromettre les chances de la droite et du centre". Il a toutefois demandé des "éclaircissements" à Docapost, la société responsable du vote, sur les "failles techniques" observées.

Sophie Louet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M5441845 le samedi 1 juin 2013 à 04:30

    Une chose est sûre, l'UMP a du mal avec les élections internes. 2 bides en moins de 6 mois, ça commence a faire beaucoup. Il faudra en tenir compte pour l'avenir

  • MNY-2012 le samedi 1 juin 2013 à 04:11

    Ah M1531771, demandez à des idiots de choisir le plus intelligent, c'est cela la démocratie, donc vos nouveaux ne valeront pas mieux, et leurs intentions sont suicidaires! Cela étant dit, on est tenté de se servir d'eux comme bélier pour défoncer ce système sclérosé

  • M1617344 le vendredi 31 mai 2013 à 20:11

    NKM ne doit pas être considérée comme une valeur intéressante pour l'UMP , son obsession à l'égard de la droitisation et du FN est devenue insupportable ; la proximité des socialo et des coco ne l'a gène pas , alors , qu'elle se tienne à gauche elle ne perturbera pas les militants qui n'ont pas compris que c'est une femme de gauche .....

  • M1531771 le vendredi 31 mai 2013 à 18:20

    Dehors, tous, droite et gauche, place aux nouveaux, place à ceux qui vont enfin jouer leurs rôle et ne plus penser qu'à eux, DEHORS !