Les prévisions de croissance 2015-2018 de Paris jugées prudentes

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LES PRÉVISIONS DE CROISSANCE 2015-2018 DE PARIS JUGÉES PRUDENTES
LES PRÉVISIONS DE CROISSANCE 2015-2018 DE PARIS JUGÉES PRUDENTES

PARIS (Reuters) - Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) juge prudentes les prévisions gouvernementales de croissance de l'économie française associées au projet de programme de stabilité pour la période 2015-2018.

Dans un avis publié mercredi, il exprime seulement des réserves sur les hypothèses de croissance potentielle trop élevées à son goût retenues pour les années à venir, qui sous-tendent l'effort structurel affiché pour ramener les finances publiques dans les clous du pacte de stabilité européen.

La question est au centre des discussions entre la France et la Commission européenne sur la trajectoire des déficits français et la nature des efforts nécessaires pour le faire passer sous 3% du PIB à l'horizon 2017, conformément au nouveau calendrier.

Le HCFP, une instance mise en place en 2013, est chargé de juger de la crédibilité des scénarios macroéconomiques retenus dans les lois de finances mais aussi les programmes de stabilité que la France envoie annuellement à Bruxelles.

Il ne voit rien à redire au maintien, par le gouvernement, de sa prévision de hausse de 1,0% du PIB de la France en 2015. S'il la jugeait "optimiste" à l'automne dernier, elle apparaît "désormais prudente dans le contexte plus favorable créé par les fortes baisses du pétrole et de l'euro".

Il note qu'elle est cohérente avec les dernières prévisions de l'Insee pour le premier semestre et qu'elle s'inscrit en deçà de celles révisées récemment par l'OCDE (+1,1%) comme par le FMI (+1,2%).

Le Haut Conseil retient le même qualificatif de "prudentes" pour les hypothèses de croissance retenues pour les trois ans à venir (+1,5% en 2016 comme en 2017 puis 1,75% en 2018), moins optimistes de 0,2 à 0,4 point selon les années que celles qui figuraient dans la loi de programmation votée fin 2014.

TRAJECTOIRE ACTUALISÉE

Mais il "s'étonne" de la quasi stabilité d'un écart de production - la différence entre la production effective et la production potentielle estimée de l'économie française - très élevé dans le scénario du gouvernement.

Il s'inscrirait encore à -3,2% en 2018 après -3,5% sur 2015-2017 du fait d'une révision à la hausse de 0,2 point de la croissance potentielle pour tenir compte, selon le gouvernement, de l'impact des réformes structurelles à partir de 2016.

"Une sous-utilisation aussi importante et aussi durable des moyens de production ne s’accorde pas avec l’accélération de l’investissement, de l’inflation et des salaires retenue par ailleurs dans le scénario du gouvernement", note le HCFP.

Il estime qu’"une hypothèse de croissance potentielle moins élevée aurait permis un début de résorption de l’écart de production", avec pour conséquence que l'ajustement structurel (hors effets de la conjoncture) serait moins important à trajectoire des finances publiques inchangée.

Le gouvernement a actualisé cette trajectoire la semaine passée, avec pour objectif de diminuer le déficit nominal des dépenses publiques de 4,0% du PIB fin 2014 à 2,7% en 2017, ayant obtenu un nouveau délai de deux ans de la Commission européenne pour le ramener sous 3%.

Le ministère des Finances a annoncé mercredi matin que cette baisse reposait sur un effort structurel de 0,5 point par an, qui nécessitera des économies supplémentaires de quatre milliards cette année et cinq milliards l'an prochain.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • janaliz le mercredi 15 avr 2015 à 11:25

    Les gui.gnols continuent leurs danses du scalp des contribuables...

  • M8167590 le mercredi 15 avr 2015 à 11:14

    Comment dirais-je ? Incohérent. En automne ces gens ne prévoyaient rien du tout et jugeaient optimistes les hypothèses, et continuant sur leur trajectoire ils ne prévoient toujours rien et jugent désormais les prévisions pessimistes. La magie est passée par là.