Les pouvoirs publics n'osent pas inciter franchement les maires à construire

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Valls a fait une timide ouverture pour encourager les maires bâtisseurs.

Deux doigts d'incitations fiscales pour les investisseurs, trois louches de prêt longue durée à taux faibles pour les primo-accédants. Depuis trente ans, tous les gouvernements ont recours aux mêmes solutions pour stimuler la construction de logements. Et, ainsi, faire baisser le prix de l'immobilier en mettant plus de biens sur le marché.

Un troisième levier pourrait être activé pour construire plus: inciter les collectivités locales à s'engager dans ce combat. Mais, faute de courage politique, aucun gouvernement ne s'est engagé sur cette voie. Vendredi, Manuel Valls a fait une timide ouverture dans cette direction: «J'annoncerai prochainement une mesure de soutien aux maires bâtisseurs», a-t-il affirmé.

Les pistes dans ce domaine sont pourtant balisées. Par exemple, instaurer un système de bonus pour les maires bâtisseurs. Cela récompenserait ces élus qui, aujourd'hui, n'ont aucun intérêt à faire construire des logements sur leur commune car les programmes immobiliers - synonymes de chantiers - sont impopulaires auprès de leurs électeurs et risquent de leur coûter leur réélection.

Faire baisser le coût des terrains

Autre mesure envisageable: interdire aux collectivités locales de vendre les terrains aux promoteurs les plus offrants. En mettant fin à cette pratique généralisée, cela permettrait de faire baisser le coût des terrains et donc le prix des logements neufs. Troisième idée: revenir sur l'augmentation de la part des frais de notaire perçus par les conseils généraux passés en mars de 3,8 % à 4,5 %. Le gouvernement a donné cette possibilité aux conseils généraux pour faire face à l'explosion de leurs dépenses sociales. Mais cela a encore contribué à faire grimper les prix des logements.

Enfin, pour accélérer la construction de logements neufs sur des terrains libérés par l'État (administrations, SNCF...), il vaudrait mieux vendre ces fonciers directement aux promoteurs ou aux opérateurs HLM plutôt qu'aux collectivités locales, comme cela se pratique aujourd'hui. Car ces dernières sont trop lentes pour lancer des programmes immobiliers. Par exemple, la cession de la caserne de Reuilly à la mairie de Paris avait été annoncée en septembre 2012 en grande pompe par le gouvernement Ayrault. En fait, cette vente n'est intervenue que mi-2013. Et les premiers logements devraient être livrés au plus tôt en 2017. Il devrait y avoir moyen d'aller plus vite.

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  • pier1309 le dimanche 31 aout 2014 à 17:30

    Et la suppression du COS va aggraver l'enlaidissement de nos zones urbaines comme celles de nos campagnes ...

  • pier1309 le dimanche 31 aout 2014 à 17:29

    Avant d'être des bâtisseurs, les maires devraient se rappeler qu'ils sont le garant en matière d'urbanisme de leur commune .. et là ... c'est la cata ... aucune compétence et encore moins de volonté ... car rappeler à ses citoyens qu'il faut achever un mur de clôture fait de bric et de broc souvent en surélevant le mur existant avec des parpaings qu'on enduit jamais ... hé bien ce rappel n'est porteur pour la prochaine élection .. donc on ne dit rien ...

  • lsleleu le samedi 30 aout 2014 à 13:23

    Plus on veut réguler et plus on s'enfonce pas facile à faire comprendre a nos gouvernants .