Les pouvoirs de guérison des banques centrales mis en doute-BRI

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    LONDRES, 6 mars (Reuters) - Les turbulences rencontrées par 
les marchés financiers en début d'année montrent que la 
confiance des investisseurs dans les "pouvoirs de guérison" des 
banques centrales s'érode peu à peu, constate dimanche la Banque 
des règlements internationaux (BRI) , qui s'interroge par 
ailleurs sur l'efficacité des taux d'intérêt négatifs.  
    Dans son rapport trimestriel, l'institution basée à Bâle, 
principal organisme de coordination des banques centrales du 
monde entier en matière de politiques monétaires et de stabilité 
financière, note qu'à "un calme précaire" fin 2015 a succédé au 
début de cette année sur les marchés "l'une des pires vagues de 
dégagements depuis la crise financière de 2008". 
    Face à cette situation, ajoute-t-elle, "les marges de 
manoeuvre des autorités vont en se rétrécissant", tant pour ce 
qui est des banques centrales, "trop sollicitées pendant trop 
longtemps" que des gouvernements. 
    "En dépit de conditions monétaires exceptionnellement 
accommodantes dans les principales juridictions, la croissance 
est décevante et l'inflation reste obstinément faible. Cela n'a 
pas échappé aux intervenants de marché et, probablement pour la 
première fois, ils semblent commencer à douter que les banques 
centrales aient des pouvoirs de guérison", a déclaré Claudio 
Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI. 
    "Les pouvoirs publics seraient bien avisés d'en prendre 
conscience eux aussi." 
    Parallèlement à cet avertissement, une étude publiée dans le 
rapport sur les politiques de taux d'intérêt négatifs menées par 
plusieurs banques centrales (dans la zone euro, au Danemark, en 
Suède et en Suisse) observe "que les taux modérément négatifs 
ont été transmis aux taux du marché monétaire et aux taux plus 
longs, mais que leur impact sur d'autres taux, en particulier 
les taux bancaires, est beaucoup moins prouvé".  
    Les auteurs de l'étude ajoutent qu'en Suisse, où les dépôts 
des banques commerciales à la banque commerciale sont soumis à 
un taux négatif, non seulement les taux servis sur les dépôts 
bancaires de la clientèle de détail ne sont pas devenus 
négatifs, mais "les taux hypothécaires (...) ont même augmenté 
ces derniers mois, une façon pour les banques de préserver leurs 
bénéfices". 
    "Si les taux directeurs négatifs ne se répercutent pas sur 
les taux du crédit aux ménages et aux entreprises, ils perdent 
une bonne partie de leur utilité", conclut l'étude.  
     
 
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Les principales conclusions du rapport de la BRI     https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1603_fr.htm 
L'étude de la BRI sur les taux d'intérêt négatifs (en anglais)   
  https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1603e.htm 
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 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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