Les pourparlers sur le Yémen vont se poursuivre, accord sur Taëz

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 (Actualisé avec communiqué de l'Onu §1-3, combats §12) 
    GENEVE/DUBAI, 17 décembre (Reuters) - Les participants aux 
pourparlers de paix sur le Yémen organisés par les Nations unies 
en Suisse se sont entendus jeudi sur une reprise complète de 
l'aide humanitaire à la ville de Taëz et conviennent de 
poursuivre les discussions afin de parvenir à un arrêt permanent 
des hostilités, annonce l'Onu.  
    "Les consultations vont continuer dans les jours qui 
viennent pour tenter de définir clairement une voie à suivre, 
avec une attention particulière sur des points spécifiques", 
peut-on lire dans un communiqué diffusé par l'Onu après trois 
jours de discussions dans un lieu tenu secret.  
    Parmi ces points, l'Onu cite un cessez-le-feu durable dans 
tout le pays, la libération des prisonniers, le retrait des 
forces et la création de mesures de sécurité provisoires, la 
restitution des armes lourdes à l'Etat, le rétablissement de 
l'autorité de l'Etat sur les institutions publiques et la 
reprise d'un dialogue politique.   
    L'objectif des discussions en Suisse entre représentants du 
gouvernement et des miliciens chiites Houthis, qui tiennent une 
grande partie du pays, dont la capitale, Sanaa, est de trouver 
une issue à un conflit qui a fait près de 6.000 morts et déplacé 
des millions de personnes depuis l'intervention à la fin mars 
d'une coalition de pays arabes dirigée par l'Arabie saoudite.  
    Dans la matinée, on indiquait de sources proches des 
discussions que les pourparlers piétinaient en raison notamment 
de divergences sur la libération de hauts responsables réclamée 
par le gouvernement du président Abd-Rabbou Mansour Hadi. 
    Quelques heures avant l'ouverture des pourparlers mardi, un 
cessez-le-feu est entré en vigueur au Yémen, mais les deux camps 
se sont déjà mutuellement accusés de l'avoir violé.   
    
    NAVETTE 
    D'après des sources proches des discussions, les échanges 
directs entre les deux parties ont été suspendus mercredi soir. 
    Les Houthis venaient de refuser la libération réclamée par 
le camp présidentiel de plusieurs hauts responsables, dont le 
ministre de la Défense, Mahmoud al Subaihi, et le frère de Hadi, 
Nasser. Ces deux hommes, qui étaient responsables des opérations 
du renseignement dans les provinces d'Aden, Lahej et Abyan, sont 
détenus depuis mars par les Houthis. Ces derniers seraient prêts 
à libérer les prisonniers une fois qu'un cessez-le-feu permanent 
aura été négocié. 
    L'envoyé spécial de l'Onu pour le Yémen, le Mauritanien  
Ismail Ould Cheikh Ahmed, a fait ensuite la navette entre les 
deux délégations pour tenter de surmonter les divergences. 
    Sur le terrain, de violents combats ont éclaté dans la nuit 
de mercredi à jeudi dans la région de Marib, à une centaine de 
kilomètres à l'est de Sanaa, faisant au moins 15 morts dans les 
deux camps, d'après des sources médicales et tribales. Les 
forces loyalistes se sont emparés d'une base militaire 
stratégique dans la ville du centre du pays, ont déclaré des 
responsables locaux.  
    Des avions de la coalition saoudienne sont également entrés 
en action dans la province de Hajja (nord), sur la frontière 
avec l'Arabie saoudite. 
    Dans ce contexte, l'échange de plusieurs centaines de 
prisonniers auquel ont procédé tôt jeudi matin les Houthis et 
les combattants de la Résistance du Sud, alliée aux forces de 
Hadi, a été l'un des rares signaux positifs envoyés aux 
négociateurs. 
    Fikri al Mutaili, qui a participé à cet échange, a précisé 
que les Houthis avaient libéré 265 habitants du sud du Yémen. En 
échange, Résistance du Sud a relâché quelque 300 miliciens 
chiites. 
 
 (Tom Miles à Genève, Mohammed Ghobari et Mohammed Mukhashaf à 
Dubaï,; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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