Les pourparlers intersyriens débutent sans vision commune

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A GENÈVE, DAMAS REJETTE LE PRINCIPE D'UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION
A GENÈVE, DAMAS REJETTE LE PRINCIPE D'UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION

par Dominic Evans et Mariam Karouny

GENEVE (Reuters) - Les pourparlers directs entre les délégations du président Bachar al Assad et de l'opposition syrienne se sont ouverts à huis clos à Genève sous l'égide du médiateur international Lakhdar Brahimi, a annoncé samedi l'Onu dans un communiqué.

Il s'agit des premières discussions en face à face entre les deux camps depuis le début du conflit il y a trois ans, mais chacun semble déterminé à camper sur ses positions.

"Les deux délégations syriennes se rencontrent en ce moment avec le représentant spécial commun (de l'Onu et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi) au bureau des Nations unies à Genève", dit le communiqué.

En arrivant aux pourparlers, le ministre syrien de l'Information, Omran Zoabi, a répété que Damas rejetait le projet de gouvernement de transition qui doit être discuté à Genève.

Les opposants ont insisté pour que la déclaration de Genève de 2012, qui prévoit la mise en place par "consentement mutuel" d'une autorité transitoire dotée des pleins pouvoirs exécutifs à Damas - donc de facto le départ du pouvoir de Bachar al Assad - soit la base des discussions directes.

"Nous y sommes totalement opposés", a déclaré Omran Zoabi avant le début des discussions, répétant la position maintes fois exprimée par Damas.

"La Syrie est un État doté d'institutions", a poursuivi le ministre de l'Information. "Un gouvernement de transition (...) est mis en place dans les pays en désintégration ou qui n'ont pas d'institutions."

Les opposants avaient exprimé vendredi leur satisfaction face à ce qu'ils avaient présenté comme "l'acceptation" par le pouvoir des principes de la déclaration de Genève.

"Nous sommes satisfaits (...) du fait que le régime ait accepté (la déclaration de) Genève I", a déclaré à Reuters un délégué de l'opposition, Anas al Abdeh, évoquant la tenue samedi matin d'une "courte séance au cours de laquelle seul Brahimi parlera".

"Il y aura une autre séance, plus longue, dans l'après-midi", a-t-il ajouté.

Selon des sources diplomatiques, les deux délégations ont accepté de discuter pendant aujourd'hui et demain des moyens de faire parvenir une aide humanitaire à la ville de Homs, dans le centre de la Syrie, où les rebelles sont assiégés par les gouvernementaux.

"Les aspects pratiques ont été étudiés, les choses sont prêtes et si le gouvernement syrien ne s'y oppose pas, cela pourrait aller très vite", a-t-on dit de même source.

Guy Kerivel et Tangi Salaün pour le service français

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