Les pourparlers de paix sur le Yémen piétinent

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    par Mohammed Ghobari et Mohammed Mukhashaf 
    DUBAI, 17 décembre (Reuters) - Les pourparlers de paix sur 
le Yémen menés sous l'égide de l'Onu en Suisse piétinent en 
raison notamment de divergences sur la libération de hauts 
responsables réclamée par le gouvernement du président 
Abd-Rabbou Mansour Hadi, a-t-on appris jeudi de sources proches 
des discussions. 
    Représentants du gouvernement et des miliciens chiites 
Houthis, qui tiennent une grande partie du pays, dont la 
capitale, Sanaa, se déroulent depuis mardi dans un lieu tenu 
confidentiel en Suisse. 
    Quelques heures avant l'ouverture des pourparlers, un 
cessez-le-feu est entré en vigueur au Yémen, mais les deux camps 
se sont déjà mutuellement accusés de l'avoir violé. (voir 
 ID:nL8N1453F4 )  
    De sources médicales, on indique que 15 personnes au moins 
ont été tuées de part et d'autre dans des affrontements entre 
les Houthis, appuyés par l'Iran chiite, et les forces loyales au 
président Hadi, soutenues par une coalition mise en place par 
l'Arabie saoudite sunnite. 
    L'objectif des discussions en Suisse est de trouver une 
issue à un conflit qui a fait près de 6.000 morts et déplacé des 
millions de personnes depuis l'intervention saoudienne, fin 
mars. 
    D'après des sources proches des discussions, les échanges 
directs entre les deux parties ont été suspendus mercredi soir. 
    Les Houthis venaient de refuser la libération réclamée par 
le camp présidentiel de plusieurs hauts responsables, dont le 
ministre de la Défense, Mahmoud al Subaihi, et le frère de Hadi, 
Nasser. Ces deux hommes, qui étaient responsables des opérations 
du renseignement dans les provinces d'Aden, Lahej et Abyan, sont 
détenus depuis mars par les Houthis. Ces derniers seraient prêts 
à libérer les prisonniers une fois qu'un cessez-le-feu permanent 
aura été négocié. 
    L'envoyé spécial de l'Onu pour le Yémen, le Mauritanien  
Ismail Ould Cheikh Ahmed, fait depuis la navette entre les deux 
délégations pour tenter de surmonter les divergences. 
    Sur le terrain, de violents combats ont éclaté dans la nuit 
de mercredi à jeudi dans la région de Marib, à une centaine de 
kilomètres à l'est de Sanaa, faisant au moins 15 morts dans les 
deux camps, d'après des sources médicales et tribales.  
    Des avions de la coalition saoudienne sont également entrés 
en action dans la province de Hajja (nord), sur la frontière 
avec l'Arabie saoudite. 
    Dans ce contexte, l'échange de plusieurs centaines de 
prisonniers auquel ont procédé tôt jeudi matin les Houthis et 
les combattants de la Résistance du Sud, alliée aux forces de 
Hadi, est l'un des rares signaux positifs envoyés aux 
négociateurs. 
    Fikri al Mutaili, qui a participé à cet échange, a précisé 
que les Houthis avaient libéré 265 habitants du sud du Yémen. En 
échange, Résistance du Sud a relâché quelque 300 miliciens 
chiites. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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