Les positions de l'AfD largement condamnées en Allemagne

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    BERLIN, 2 mai (Reuters) - Les positions exprimées dimanche 
par le parti anti-immigration AfD (Alternative pour l'Allemagne) 
ont été largement condamnées lundi par la classe politique 
allemande qui lui reproche d'avoir jugé que l'islam était 
contraire à la constitution. 
    Réunie en Congrès dimanche à Stuttgart, la formation qui 
s'est fait connaître lors de la crise de la zone euro et qui 
surfe désormais sur le sentiment anti-migrants, a exposé un 
manifeste anti-islam, appelant à l'interdiction des minarets et 
de la burqa, le voile intégral porté par certaines musulmanes. 
  
    "Ce que l'AfD a décidé, c'est une attaque à l'encontre de 
presque toutes les religions", a déclaré Armin Laschet, 
vice-président de la CDU, la formation chrétienne-démocrate de 
la chancelière Angela Merkel. 
    "Ils considèrent l'islam comme un corps étranger en 
Allemagne. (...) C'est une prise de position qui crée des 
divisions", a-t-il poursuivi. 
    Katrin Göring-Eckardt, co-présidente du groupe Alliance 
90/Les Verts au Bundestag, a qualifié le manifeste de l'AfD de 
réactionnaire et accusé le parti de semer la discorde en 
utilisant l'islamophobie. 
    Les sondages créditent l'AfD de 10% à 14% d'intentions de 
vote, ce qui représente un défi de taille pour les conservateurs 
de la chancelière Angela Merkel, mais aussi pour les autres 
partis traditionnels, dans l'optique des élections législatives 
de septembre 2017. 
    L'ensemble des partis traditionnels excluent une coalition 
avec l'AfD qui ne compte pas de députés au Bundestag mais est 
représenté dans la moitié des 16 assemblées régionales du pays. 
    L'Allemagne compte près de quatre millions de musulmans, 
soit environ 5% de sa population, dont beaucoup, installés de 
longue date, sont d'origine turque. L'année dernière, plus d'un 
million de migrants, très majoritairement musulmans, ont fui des 
zones de guerre, en Syrie, en Irak et en Afghanistan. 
    Alexander Gauland, chef de file de l'AfD du Brandebourg, 
dans l'Est, assure que les musulmans restent libres de pratiquer 
leur religion en Allemagne. 
    "Un musulman peut vivre sa foi en Allemagne sans minaret. 
L'AfD n'a rien contre les lieux de culte", a-t-il déclaré à la  
Deutschlandfunk, précisant que son parti ne souhaitait pas la 
destruction des minarets mais qu'on cesse d'en bâtir. 
 
 (Paul Carrel; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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  • M9425023 il y a 7 mois

    Et je ne parle même pas de la polygamie ou de l'excision. Oui, je mélange tout volontairement et j'ajoute avec bonheur la circoncision, autant d'acte barbare qui relèvent d'un autre âge et du même obscurantisme.

  • M9425023 il y a 7 mois

    Cette polémique est mal posée, c'est regrettable. Ce n'est pas l'Islam en lui-même qui n'est pas compatible, c'est sa version prosélyte qui doit être édulcorée. Idem pour toutes les religions et autres sectes qui arborent des crucifix, des kippa ou des turbans pour enfoncer le clou de leur présence et de leur acceptabilité dans les esprits. La pratique religieuse est une affaire personnelle qui doit rester privée. Il est bien interdit de boire (et bientôt de fumer) sur la voie publique !