Les portes claquent au rendez-vous des droites à Béziers

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    * Robert Ménard ne veut pas être le "marchepied" du FN 
    * Marion Maréchal-Le Pen l'accuse de faire une erreur 
"historique" 
    * Le maire de Béziers voulait rassembler la "vraie droite" 
de LR au FN 
 
    PARIS, 28 mai (Reuters) - Les élus Front national Marion 
Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont claqué samedi la porte 
d'un colloque organisé à Béziers (Hérault) par le maire de la 
ville, Robert Ménard, proche du FN, pour promouvoir une union 
des droites. 
    Cause de cet accès de mauvaise humeur, une petite phrase de 
l'ancien journaliste, qui a déclaré samedi matin ne pas vouloir 
faire du "mouvement citoyen" qu'il lançait ce week-end, "Oz ta 
droite", le "marchepied" du FN et de sa présidente Marine Le 
Pen, candidate à l'élection présidentielle de 2017. 
    "Il ne s'agit pas d'être le marchepied d'un candidat" ni "le 
marchepied de personne", a-t-il dit à plusieurs reprises aux 
journalistes qui lui demandaient si ce "rendez-vous de Béziers" 
visait à préparer la candidature de Marine Le Pen. "Il n'y aura 
pas de consigne de vote", a-t-il ajouté. 
    La nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, venue à 
la tête d'une délégation du parti d'extrême-droite, avait déjà 
laissé percer son irritation vendredi. "Je ne suis pas venue 
pour inaugurer un mouvement dissident du FN", avait déclaré la 
députée du Vaucluse. 
    La sortie de Robert Ménard, samedi matin, a été la goutte de 
trop: elle a quitté brusquement le colloque à la mi-journée avec 
le député FN Gilbert Collard, non sans lâcher devant des 
journalistes une nouvelle salve à l'adresse du maire de Béziers. 
    "C'est une erreur politique majeure et historique de Robert 
Ménard de partir dans des mouvements dont on sait qu'ils sont 
voués à l'échec politique", a dit l'élue FN, selon les sites 
internet de plusieurs quotidiens, dont Le Monde et Libération. 
     
    DE LR AU FN 
    Gilbert Collard a pour sa part regretté "une maladresse 
lourde, grave" et rappelé que Robert Ménard avait bénéficié du 
soutien du FN lors de son élection à la mairie de Béziers. "Il 
aurait pu faire l'économie de cette phrase, qui est discourtoise 
à notre égard et qui occulte le fait que s'il est le maire de 
Béziers, c'est en grande partie grâce à nous." 
    Robert Ménard a minimisé le départ fracassant de Marion 
Maréchal-Le Pen en estimant qu'elle était soumise à de fortes 
pressions. Il a insisté sur le fait que ses rapports avec le FN 
étaient des "rapports d'indépendance". 
    "J'ai d'excellents rapports avec Marine Le Pen. Sur 80% des 
idées qu'elle développe, je suis d'accord. Mais les 20% de 
désaccords sont importants", a-t-il dit à des journalistes. 
    L'ambition affichée par Robert Ménard et le directeur du 
journal Valeurs Actuelles, Yves de Kerdrel, co-organisateur du 
colloque, était de réunir la "vraie droite" et de faire ce 
week-end une cinquantaine de propositions pour "changer la donne 
politique" dans la perspectives des élections de 2017. 
    "La vraie droite, c'est une droite qui n'a pas honte d'elle- 
même, c'est une droite qui revendique ses valeurs, une droite 
qui ne rase pas les murs (...) qui dit un certain nombre de 
choses sans se soucier du qu'en-dira-t-on, du médiatiquement 
correct", a expliqué Robert Médard sur iTELE. 
    C'est "une droite conservatrice sur le terrain des valeurs, 
sur le terrain des moeurs, et plus libérale, moins étatiste dans 
le domaine de l'économie", a-t-il ajouté. 
    Selon Robert Ménard, les personnes invitées au colloque de 
Béziers, prévu sur tout le week-end, représentent un spectre 
allant "d'une partie des Républicains" de l'ex-président Nicolas 
Sarkozy "à une partie du FN". 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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