Les Polonaises manifestent pour défendre le droit à l'avortement

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    VARSOVIE, 3 octobre (Reuters) - Plusieurs milliers de femmes 
vêtues de noir ont manifesté lundi dans toute la Pologne pour 
protester contre le projet du gouvernement d'interdire de fait 
tout accès à l'avortement.  
    Le projet de loi en cours d'examen au Parlement reviendrait 
à durcir la législation en vigueur, qui est déjà la plus 
restrictive d'Europe puisqu'elle n'autorise l'interruption 
volontaire de grossesse qu'en cas de viol, d'inceste, de menace 
pour la santé de la mère ou de risque de handicap permanent pour 
l'enfant. 
    Le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir ne 
s'est pas encore clairement exprimé sur le texte, défendu par le 
groupe de pression Ordo Iuris, mais la perspective de nouvelles 
restrictions à l'IVG a ouvert un débat animé dans le pays, où 
l'église catholique jouit encore d'une influence importante. 
    "Je ne suis pas allé travailler aujourd'hui", a déclaré 
Gabriela, une spécialiste des études de marché de 41 ans, à 
Varsovie. 
    "Ils violent nos droits civiques et j'ai voulu soutenir 
toutes les femmes qui pourraient en souffrir, qui pourraient 
être privées d'aide médicale et obligées d'avoir un enfant 
handicapé (...) Et je le fais pour ma fille", a-t-elle ajouté. 
    Le projet de loi ne prévoit d'autoriser l'IVG que dans le 
cas où la vie de la mère serait menacée et il pourrait mener en 
prison les médecins et les mères reconnus coupables de ce qu'il 
appelle la "mort d'un enfant conçu". 
    "Nous voulons des médecins, pas des missionnaires !", 
scandaient les femmes en noir rassemblées devant le siège du 
PiS, en appelant à la démission de Jaroslaw Kaczynski, son chef 
de file.  
    Sur certaines pancartes, on pouvait lire: "Un gouvernement, 
ce n'est pas comme une grossesse: on peut l'interrompre." 
    Le projet de loi place le PiS face à un dilemme: ne pas le 
voter serait prendre le risque de se mettre l'église catholique 
à dos, mais l'adopter pourrait nuire à sa popularité.  
    Des responsables du PiS ont évoqué dans la presse la 
possibilité d'un nouveau texte autorisant l'avortement en cas de 
viol, d'inceste ou de menace pour la santé de la mère, mais pas 
en cas de handicap de l'enfant à naître. 
    "Le droit à la vie ou, comme le prétendent certains, le 
droit à l'avortement, constituent un défi moral majeur pour 
notre civilisation, pour la civilisation occidentale", a dit le 
ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, à la 
radio RMF.  
    "Qu'elles s'amusent", a-t-il ajouté à propos des 
manifestantes. "Elles peuvent continuer si elles pensent que la 
Pologne n'a pas de problème plus important." 
    Plusieurs centaines d'IVG légales sont pratiquées chaque 
année en Pologne, selon les statistiques officielles, mais des 
militants pro-avortement estiment le nombre d'interventions 
illégales à plusieurs dizaines de milliers, de nombreuses femmes 
se rendant en Allemagne ou en Slovaquie pour avorter.        
 
 (Marcin Goclowski et Marcin Goettig; Marc Angrand pour le 
service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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