Les politiques de RSE diffèrent sensiblement en Europe

le
0
(NEWSManagers.com) - Pour la plupart des sociétés européennes de l' Eurostoxx 50, la mise en place de politiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE) est née de la volonté de structurer les moyens et actions qui existaient déjà, montre une nouvelle étude de Macif Gestion, le pôle de recherche ISR du groupe OFI, réalisée auprès de 22 entreprises non françaises de l' indice européen. " Cette approche pragmatique diffère de la motivation des entreprises du CAC 40, où les politiques de responsabilité sociale des entreprises sont nées du désir de fédérer les salariés" , a déclaré Eric Van La Beck, directeur de la recherche et du développement de Macif Gestion, citant une étude similaire menée en 2009 uniquement sur les sociétés françaises.
Il en découle deux organisations différentes. Ainsi, dans les entreprises européennes, à dominante allemande, les nouvelles directions développement durable sont rattachées aux directions transversales et principalement aux directions de la communication ou des relations extérieures, alors que dans les entreprises françaises, elles sont plutôt unies à la direction générale. Par ailleurs, les sociétés européennes ont donné naissance à des " sustainability board" qui n' existent pas dans les entreprises du CAC 40. Et pour cause, ces structures, qui complètent généralement l' existence d' un département de développement durable, font le lien entre la direction du développement durable et le conseil d' administration. En revanche, elles ne fonctionnent pas encore comme les comités de soutien du conseil d' administration (type comité de rémunérations).
Néanmoins ces démarches différentes aboutissent au même résultat décevant pour entreprises européennes et françaises, puisque les directions opérationnelles et transversales ne sont pas intégrées lors des différentes phases de structuration de la politique de RSE.
Côté stratégie, la nouvelle étude de Macif Gestion montre que l' ensemble des entreprises budgétise la RSE. De plus, des objectifs extra-financiers sont fixés aux managers pour l' obtention d' une part de leur rémunération variable et ces objectifs font partie intégrante de leurs objectifs globaux, ce qui est en totale rupture par rapport au panel français, selon Eric Van La Beck qui a néanmoins reconnu que des progrès avaient peut-être été faits depuis 2009.
Par ailleurs, 72 % des entreprises interrogées ont un système de remontée organisé des bonnes pratiques. Mais tout n' est pas rose, et malgré une volonté des entreprises d' intégrer la RSE dans leur stratégie, les moyens consacrés ne sont pas toujours mis en place. Les politiques de RSE souffrent ainsi encore d' un manque de formation et d' information des collaborateurs en charge de l' application, résume Eric Van La Beck. Et même si son importance est reconnue, les moyens pour rendre le reporting efficace sont encore insuffisants.
Cette étude, qui a vocation à être renouvelée, est utilisée par Macif Gestion pour approfondir sa connaissance des entreprises sur le volet RSE et aller plus loin que les données livrées par les agences de notation, sachant que le groupe OFI gère en ISR 2 milliards d' euros.

info NEWSManagers

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant