Les policiers tunisiens dans la rue pour des hausses de salaires

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    * Les policiers sont 3.000 à manifester près de la 
présidence 
    * Une manifestation dispersée par la police à Sidi Bouzid 
    * Sit-in signalé à Gafsa, manifestation à Béja 
    * Le chômage est passé de 12% en 2010 à 15,3% en 2015 
 
 (actualisé avec manifestations à Sidi Bouzid et autres villes) 
    CARTHAGE, Tunisie, 25 janvier (Reuters) - Trois mille 
policiers tunisiens ont marché lundi en direction du palais 
présidentiel de Carthage dans la banlieue des Tunis, à l'appui 
de revendications salariales, ajoutant aux pressions qui 
s'exercent sur le gouvernement de Habib Essid après une semaine 
d'émeutes déclenchées dans plusieurs villes par des demandeurs 
d'emploi. 
    Scandant "Les salaires toujours dans le rouge!" et "Nous 
défendons la nation; nous réclamons ce qui nous revient de 
droit", des policiers en civil se sont fait entendre sous les 
fenêtres de la présidence, dans la banlieue de Tunis. 
    Les policiers n'étaient pas les seuls à manifester lundi. A 
Sidi Bouzid, ville qui fut fin décembre 2010 et en janvier 2011 
le berceau des révoltes du "printemps arabe", un rassemblement 
de sans-emploi a été dispersé par la police, qui a eu recours 
aux gaz lacrymogènes, ont rapporté des témoins. 
    Un sit-in de jeunes sans emploi a eu lieu aussi dans un 
bâtiment administratif de Kasserine et d'autres manifestations 
ont été signalées à Gafsa, dans le Sud, de même qu'à Béja, dans 
le Nord. 
    A Carthage, la garde présidentielle a bloqué l'accès à la 
rue à proximité du palais, vers lequel ont convergé les 
policiers pour une manifestation qui s'est déroulée 
pacifiquement. 
     
    EVOLUTION POLITIQUE MAIS MARASME ECONOMIQUE 
    Les forces de sécurité tunisiennes sont en première ligne 
dans la lutte contre les islamistes, qui attaquent des postes de 
contrôle et des patrouilles, et ont commis l'année dernière 
trois attentats majeurs - contre le musée du Bardo à Tunis, 
contre un hôtel de Sousse, et contre des hommes de la sécurité 
présidentielle à Tunis. 
    "Nous cherchons à améliorer notre situation, comme les 
autres secteurs, notamment parce que nous sommes en première 
ligne pour défendre le pays", a expliqué à Reuters à Carthage 
Chokri Hamada, porte-parole d'un syndicat de la police. "Nous 
n'avons aucune confiance dans le gouvernement, après toutes les 
promesses qu'il a faites". 
    Un certain calme est revenu à travers le pays après les 
émeutes de la semaine dernière, qui ont souligné à quel point la 
Tunisie restait sujette à des troubles sociaux en dépit de la 
transition démocratique intervenue après la chute, voici cinq 
ans, du régime autoritaire du président Zine ben Ali. 
    Un policier a trouvé la mort dans les manifestations de la 
semaine dernière, lors desquelles des émeutiers ont incendié des 
postes de police et envahi des bâtiments administratifs dans 
cinq villes. 
    La jeune démocratie tunisienne s'est dotée d'une nouvelle 
Constitution, fruit d'un compromis politique entre les partis 
laïques et islamistes, et des élections libres ont eu lieu. Mais 
la transition politique ne s'est pas accompagnée d'avancées 
économiques et nombreux sont les Tunisiens inquiets pour leur 
emploi et leur pouvoir d'achat. Le taux de chômage est passé de 
12% en 2010 à 15,3% en 2015, du fait d'une croissance atone et 
d'un manque d'investissements. 
 
 (Tarek Amara; Eric Faye pour le service français) 
 
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  • OSS119 il y a 12 mois

    Il faut mieux payer les policiers et les militaires et mettre en place une force qui réduise les salafistes. C'est la seule voie