Les policiers tunisiens dans la rue pour des hausses de salaires

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    CARTHAGE, Tunisie, 25 janvier (Reuters) - Trois mille 
policiers tunisiens ont marché lundi en direction du palais 
présidentiel de Carthage dans la banlieue des Tunis, à l'appui 
de revendications salariales, après une semaine d'émeutes 
provoquées dans différentes villes du pays par des demandeurs 
d'emploi. 
    Scandant "Les salaires toujours dans le rouge!" et "Nous 
défendons la nation; nous réclamons ce qui nous revient de 
droit", des policiers en civil se sont fait entendre sous les 
fenêtres de la présidence, dans la banlieue de Tunis. 
    Les forces de sécurité tunisiennes sont en première ligne 
dans la lutte contre les islamistes, qui attaquent des postes de 
contrôle et des patrouilles, et ont commis l'année dernière 
trois attentats majeurs - contre le musée du Bardo à Tunis, 
contre un hôtel de Sousse, et contre des hommes de la sécurité 
présidentielle à Tunis. 
    "Nous cherchons à améliorer notre situation, comme les 
autres secteurs, notamment parce que nous sommes en première 
ligne pour défendre le pays", a expliqué à Reuters Chokri 
Hamada, porte-parole d'un syndicat de la police. "Nous n'avons 
aucune confiance dans le gouvernement, après toutes les 
promesses qu'il a faites". 
    La garde présidentielle a bloqué l'accès à la rue à 
proximité du palais de Carthage, vers lequel ont convergé les 
policiers pour une manifestation qui s'est déroulée 
pacifiquement. 
    Le calme est revenu dans l'ensemble à travers le pays après 
les émeutes de la semaine dernière, qui ont souligné à quel 
point la Tunisie restait sujette à des troubles sociaux en dépit 
de la transition démocratique intervenue après la chute, voici 
cinq ans, du régime du président Zine ben Ali. 
    Un policier a trouvé la mort dans les manifestations de la 
semaine dernière, lors desquelles des émeutiers ont incendié des 
postes de police et envahi des bâtiments administratifs dans 
cinq villes. 
    La jeune démocratie tunisienne s'est dotée d'une nouvelle 
Constitution, fruit d'un compromis politique entre les partis 
laïques et islamistes, et des élections libres ont eu lieu. Mais 
la transition politique ne s'est pas accompagnée d'avancées 
économiques et nombreux sont les Tunisiens inquiets pour leur 
emploi et leur pouvoir d'achat. Le taux de chômage est passé de 
12% en 2010 à 15,3% en 2015, du fait d'une croissance atone et 
d'un manque d'investissements. 
 
 (Tarek Amara; Eric Faye pour le service français) 
 
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