Les PMI de la zone euro font craindre une contraction marquée

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PLUS MAUVAIS TRIMESTRE DEPUIS DÉBUT 2009 POUR L'ÉCONOMIE DE LA ZONE EURO
PLUS MAUVAIS TRIMESTRE DEPUIS DÉBUT 2009 POUR L'ÉCONOMIE DE LA ZONE EURO

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - L'économie de la zone euro est en train de vivre son plus mauvais trimestre depuis la récession du début 2009, montrent les premiers résultats des enquêtes mensuelles PMI, qui confirment que les entreprises souffrent face à la baisse de leurs carnets de commandes.

Cette évolution touche particulièrement le secteur des services, qui génère la majeure partie de l'activité dans la région, avec pour conséquence une érosion continue des effectifs.

Dans l'industrie, la contraction de l'activité a été nettement moins forte qu'attendu en novembre. Mais au total, les résultats préliminaires des enquêtes réalisées par le cabinet Markit ne laissent guère de doute sur la capacité des Dix-Sept à échapper à une baisse du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre.

L'indice PMI "flash" des services a reculé à 45,7 - au plus bas depuis juillet 2009 - contre 46,0 en octobre alors que les économistes interrogés par Reuters l'attendaient inchangé.

Il se situe depuis dix mois maintenant sous le seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité, et Markit juge qu'il est trop tôt pour affirmer qu'il a touché son point bas.

Car l'austérité budgétaire quasi généralisée en Europe, ajoutée aux risques liés à la crise de la dette, qu'a souligné cette semaine l'incapacité de la zone euro à conclure un accord sur la Grèce, laisse peu de place à l'espoir d'une reprise l'année prochaine.

En France, où les indices sont ressortis en amélioration à 46,1 pour les services et 44,7 pour le secteur manufacturier, Markit prévoit un recul de 0,7% du PIB au quatrième trimestre.

En Allemagne, la baisse d'activité s'est poursuivie pour le septième mois consécutif, atteignant dans les services son rythme le plus prononcé depuis trois ans et demi.

Chris Williamson, chef économiste de Markit, souligne que le pessimisme pour 2013 gagne notamment du terrain chez les chefs d'entreprise allemands.

"Si la situation économique se détériore en Allemagne, le plus gros pays de la zone euro, c'est de mauvais augure pour le reste de la région, d'autant plus que les échanges ne s'améliorent pas beaucoup en dehors de la zone", explique-t-il.

Le PMI flash chinois calculé par la banque HSBC a renoué avec la croissance en novembre, pour la première fois depuis octobre 2011, confortant le scénario d'une reprise progressive de la deuxième économie mondiale.

LE PIB PRIVÉ DE SOUTIENS

Les indices PMI flash de la zone euro sont cohérents avec l'hypothèse d'une contraction de 0,5% du PIB au quatrième trimestre, précise Markit, ce qui marquerait la plus forte contraction depuis début 2009.

Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,1% au troisième trimestre, selon les estimations publiées la semaine dernière, mais de nombreux facteurs suggèrent une dégradation marquée sur les trois derniers mois de l'année.

"Les facteurs qui ont contribué à soutenir les chiffres officiels au troisième trimestre ne seront pas présents au dernier trimestre de l'année", dit Chris Williamson.

Les économistes expliquent notamment que c'est la vigueur relative de la production industrielle en juillet et en août qui a évité une contraction du PIB au troisième trimestre.

Mais les chefs d'entreprise ne croient pas pour autant à une amélioration prochaine de la conjoncture, et dans le secteur des services, le pessimisme a atteint en novembre son niveau le plus élevé depuis mars 2009, lorsque la zone euro était plongée dans sa plus grave récession depuis près de 70 ans.

Dans l'industrie manufacturière, le PMI "flash" est remonté à 46,2 - son meilleur niveau depuis mars - contre 45,4 en octobre. Il dépasse ainsi la prévision la plus optimiste, qui le donnait à 46,0.

L'euro a accru ses gains face au dollar et au yen après la publication de ces données, pour atteindre 1,2869 dollar.

"La bonne nouvelle concernant les PMI de ce mois-ci, c'est qu'il y a des signes d'amélioration", résume Alan Clarke, économiste de Scotiabank. "La mauvaise nouvelle, c'est que leur niveau bas traduit toujours une situation de récession dans la zone euro. On va donc voir l'économie continuer de se contracter pendant trois à six mois au moins."

avec Brian Love à Paris et Michelle Martin à Berlin, Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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