Les PME vigilantes après leur rencontre avec les banques

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PARIS (Reuters) - Les représentants des petites et moyennes entreprises françaises resteront vigilants sur l'évolution des conditions de crédit, ont-ils prévenu mardi après une rencontre avec les banques mardi au ministère de l'Economie.

La crainte d'une raréfaction du crédit, un danger souvent désigné par l'expression anglais "credit crunch" s'est renforcée ces derniers jours sur fond de chute des valeurs bancaires en Bourse et d'aggravation de la crise de la dette souveraine.

"Nous sommes très vigilants", a dit à Reuters Etienne Bernard, président du comité TPE-PME-ETI du Medef, la première organisation patronale française.

"En ce début septembre, nous constatons, par des remontées du terrain très claires, que les banques posent plein de questions" aux chefs d'entreprise, notamment sur leur besoin ou non de lignes de crédit non utilisées, a-t-il ajouté. "Ce questionnement crée une certaine inquiétude."

Des indicateurs présentés par la Banque de France font état d'une bonne santé de la distribution de crédit, au moins jusqu'à juillet. Mais les données plus récentes ne sont pas encore disponibles.

"Une croissance annuelle du crédit aux PME indépendantes de 4,8% a été enregistrée au mois de juillet", souligne le ministère de l'Economie dans un communiqué. "Sur cette période, en comparaison avec le reste de la zone euro, la croissance du crédit à l'ensemble des entreprises en France est ainsi nettement plus dynamique (+4,5% contre +1,6%)."

Lors de la réunion, le secrétaire d'Etat chargé des Petites et moyennes entreprises, "Frédéric Lefebvre a demandé aux représentants de banques de faire du financement des TPE et PME une priorité majeure", poursuit le communiqué.

La Fédération bancaire française (FBF) a assuré que les banques étaient fortement engagées auprès des entreprises.

"Les banques françaises ont confirmé qu'elles faisaient de leur activité de proximité, notamment en faveur des TPE/PME, une priorité. Elles sont déterminées à continuer à assurer le financement de l'économie comme elles l'ont toujours fait", assure la FBF dans un communiqué.

L'Union professionnelle artisanale (UPA) a quant à elle salué l'intervention du gouvernement "afin d'éviter un assèchement des crédits de faibles montants".

Elle souligne dans un communiqué que "les crédits de faibles montants, souvent inférieurs à 25.000 euros, constituent le carburant des entreprises".

"Supprimer cet accès au crédit reviendrait à sacrifier de nombreuses entreprises sur l'autel de la crise. Un acte suicidaire quand on sait que l'artisanat et le commerce de proximité figurent parmi les secteurs qui ont le mieux résisté à la crise de 2008 et qui ont sauvé bon nombre d'emplois", poursuit l'UPA.

Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Angrand

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