Les plongeurs du "Costa Concordia" suspendent leurs activités

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OPÉRATIONS SUSPENDUES POUR LES PLONGEURS DU "COSTA CONCORDIA"
OPÉRATIONS SUSPENDUES POUR LES PLONGEURS DU "COSTA CONCORDIA"

par Steve Scherer et Gabriele Pileri

GIGLIO, Italie (Reuters) - Les plongeurs italiens qui inspectent l'intérieur du paquebot "Costa Concordia" échoué sur la côte toscane ont suspendu leurs opérations mercredi, le navire ayant glissé au total d'environ un mètre et demi durant la journée.

Un porte-parole des pompiers a indiqué que les plongées avaient été suspendues aux alentours de 08h00 et on ignore si elles pourront reprendre jeudi matin.

Cinq jours après l'échouement puis le chavirage du navire de croisière, onze corps ont été retrouvés et au moins 22 personnes sont toujours portées disparues. Une Allemande, recensée parmi les disparus, a été retrouvée saine et sauve dans son pays tandis qu'un membre d'équipage hongrois figurant aussi sur la liste des disparus a été identifié parmi les cinq morts retrouvés mardi.

Environ 4.200 passagers se trouvaient sur ce paquebot au tonnage deux fois plus élevé que le "Titanic" qui s'est échoué deux heures à peine après son départ.

Les plongeurs doivent faire face à une météo particulièrement difficile.

"La visibilité est épouvantable. Hier, je ne pouvais pas voir ma main devant mon visage", a déclaré Giuseppe Minciotti, directeur de l'école de plongée de Vérone, qui participe aux recherches.

POMPAGE DU CARBURANT

Cosimo Nicastro, porte-parole des garde-côtes, a précisé que les secouristes allaient tenter de concentrer leurs recherches sur le quatrième pont du navire, là où sept des onze corps ont été retrouvés. "C'est là que des passagers et des membres d'équipage se sont rassemblés pour tenter d'abandonner le navire", a-t-il dit.

Des proches des victimes continuent d'affluer dans le port toscan, même si les chances de retrouver des survivants sont infimes.

"Nous demandons à toutes les équipes de secours et les autorités de ne pas perdre de temps et de faire tout leur possible pour retrouver ma fille morte ou vivante", a dit Sartonino Soria, venu du Pérou, après avoir appris que sa fille, membre de l'équipage, était sur la liste des disparus.

La société néerlandaise de services maritimes SMIT se dit prête à commencer à pomper le carburant. L'entreprise attend la fin des opérations de secours et le feu vert des autorités italiennes.

Mais on ignore quand débutera le pompage des 2.300 tonnes de carburant contenues dans les soutes. Les autorités redoutent que les conditions météorologiques ne perturbent les opérations. De forts vents sont attendus cette semaine.

ASSIGNÉ À RÉSIDENCE

Corrado Clini, ministre italien de l'Environnement, a déclaré devant le parlement que, en raison de la dégradation attendue des conditions en mer, le navire risquait de glisser de 50 à 90 mètres le long des rochers sur lesquels il repose. Cela pourrait endommager un peu plus la coque et menacer le parc naturel maritime où s'est produit le naufrage d'un désastre écologique, a-t-il ajouté.

La société Costa Croisières a été priée de faire en sorte que des mesures soient "rapidement mises en oeuvre" pour limiter les conséquences d'une rupture éventuelle des réservoirs, avec notamment l'installation de barrières de protection sur une longueur d'un kilomètre, a insisté le ministre.

Corrado Clini a précisé que le pompage du carburant prendrait au moins deux semaines et qu'il ne pourrait pas commencer avant la fin des opérations de recherche des disparus.

Le capitaine du paquebot, Francesco Schettino, est accusé d'homicides multiples, d'avoir provoqué un naufrage en approchant de trop près les côtes et d'avoir abandonné son bateau avant que tous les occupants n'aient été évacués.

Il a comparu mardi devant des juges et estimé qu'on devrait le remercier d'avoir sauvé "des centaines, sinon des milliers" de vies parce qu'il a approché le "Costa Concordia" près du rivage après avoir heurté un rocher, a dit son avocat Bruno Leporatti.

Un magistrat a décidé qu'il pouvait quitter la prison et être assigné à résidence à son domicile, près de Sorrente, au sud de Naples.

CLICHÉS SOUS-MARINS

Le parquet a décidé de faire appel de cette décision en mettant en avant le risque de fuite du suspect.

Le capitaine, qui a subi des examens toxicologiques, affirme ne pas avoir quitté le navire tant qu'il y avait encore des personnes à bord.

Mais le journal "Corriere della Sera" a mis en ligne ce qu'il présente comme l'enregistrement de communications radio durant lesquelles des garde-côtes lui intiment de remonter à bord.

Les plongeurs du corps des carabiniers ont réussi à localiser l'endroit exact où le paquebot a heurté un récif qui a ouvert une brèche dans sa coque, provoquant son chavirage.

"Nous sommes certains à pratiquement 100% d'avoir trouvé le point d'impact", a déclaré mercredi à Reuters le chef des plongeurs. "Passer si près de ces rochers rendait le choc pratiquement inévitable".

L'endroit incriminé, à huit mètres de profondeur, se trouve à dix mètres d'un gros rocher émergé, à seulement une trentaine de mètres du rivage du Giglio. Les plongeurs ont pris des clichés sous-marins, qui vont être mis à la disposition de la justice.

Eric Faye, Gregory Schwartz, Benjamin Massot et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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