« Les placements défiscalisants ne sont pas le seul moyen de réduire l'impôt »

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INTERVIEW - Marie Perardelle, directeur de l'ingénierie patrimoniale chez Primonial, incite les épargnants à penser d'abord à leur stratégie patrimoniale et à leurs besoins avant de se lancer dans la course aux économies fiscales.

Souscrire un placement défiscalisant en fin d'année, est-ce une bonne idée?

Réduire son impôt ne doit pas être un objectif en soi. Cela conduit à des erreurs de stratégie. Si vous investissez sur un Perp pour profiter de l'avantage fiscal, alors que de toute évidence vous devrez dans quelques années puiser dans votre épargne pour financer les études de vos enfants, vous faites fausse route. Car sur le Perp, vous ne pourrez pas récupérer votre argent. Ce qui compte, c'est de définir vos besoins, de voir ce que vous voulez faire de votre patrimoine, et ensuite de réfléchir aux orientations fiscales à prendre, à bon escient, au service de votre objectif.

Mais les contribuables qui veulent profiter des niches fiscales ne choisissent-ils pas toujours à peu près les mêmes options d'une année sur l'autre?

Pourtant, ils n'ont pas toujours les mêmes besoins que l'année précédente. La fin du remboursement d'un crédit immobilier, par exemple, risque d'entraîner un alourdissement de la fiscalité sur les revenus fonciers. S'ils arrivent au terme des amortissements déductibles de leurs revenus de loueurs en meublé non professionnels, ils peuvent aussi avoir à réfléchir à d'autres investissements. Lorqu'un enfant quitte le foyer fiscal, les besoins évoluent aussi. Souscrire un placement assorti d'une économie d'impôt au dernier moment, sans avoir calibré et planifié ses besoins, est dommage.

Quel bilan dressent le plus souvent les contribuables qui profitent de ces avantages fiscaux?

On parle beaucoup des problèmes que certains rencontrent, mais la grande majorité des clients est en réalité satisfaite. Aujourd'hui, sur des contrats Madelin, des Perp, des FIP ou des FCPI, on dispose d'historiques de performances qui permettent de choisir de bons produits, des sociétés de gestion reconnues. Mais avant de se lancer, il faut avoir bien compris les règles du jeu. La plupart des placements qui réduisent l'impôt sont risqués. Il ne faut donc jamais se fier aveuglément aux simulations et hypothèses de rentabilité qu'on peut vous faire miroiter, notamment dans l'immobilier. Si vous n'acceptez de prendre des risques que sur 5 % de votre épargne, n'investissez pas plus de 5 % de votre patrimoine de cette façon.

Souscrire un placement défiscalisant est-il la seule manière de réduire l'impôt?

Non. Pour alléger l'impôt sur le revenu, les Français peuvent aussi tout simplement fermer les livrets bancaires fiscalisés qu'ils détiennent, et dont les intérêts sont taxés tous les ans. En transférant le capital sur un contrat d'assurance-vie, ils ne seront plus imposés qu'en cas de retrait. Cela allégera d'emblée leur impôt. Même principe pour ceux qui ont encore des comptes titres, qu'ils n'osent pas fermer par peur de payer de lourdes plus- values sur des lignes achetées depuis longtemps. Mais parfois, il vaudrait mieux accepter de régler cet impôt une fois pour toutes, et préparer l'avenir en réinvestissant dans le cadre fiscal plus avantageux de l'assurance-vie ou du PEA. D'autant qu'on peut neutraliser cette année là le supplément d'impôt à payer, en souscrivant en parallèle sur un produit de défiscalisation, comme le Perp ou les FCPI.

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  • redsdead le vendredi 28 nov 2014 à 08:31

    La meilleure facon de réduire ses impots, reste encore de diminuer ses revenus !