Les pilotes d'Air France menacent d'une grève illimitée

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* Le SNPL menace d'étendre la grève après dimanche * Le trafic toujours très perturbé, 42% des vols assurés * Valls réclame la fin de la grève (Actualisé avec menace de grève illimitée, détails) PARIS, 18 septembre (Reuters) - Le syndicat des pilotes d'Air France AIRF.PA menace jeudi la direction de la compagnie d'une grève illimitée, au quatrième jour d'un conflit qui s'enlise en raison de désaccords sur la stratégie de développement de la filiale à bas coûts Transavia. Le préavis du SNPL Air France, majoritaire, court jusqu'au 22 septembre mais son président, Jean-Louis Barber, affirme dans Le Monde que le mouvement pourrait s'étendre. "Nous organisons un référendum auprès de nos adhérents sur la poursuite du mouvement. Nous aurons la réponse samedi", dit-il. "La réponse va être très, très claire. Si les pilotes votent à nouveau la grève, cette fois ce sera un mouvement illimité." Jeudi, quatre vols sur dix étaient assurés. "Quarante-deux pour cent des vols (assurés), ça augmente très légèrement, on était à 41% hier, 40% avant-hier", a dit sur RMC le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, faisant état d'une perte comprise entre 30 et 45 millions d'euros pour les trois premiers jours de grève pour la compagnie. "Ce qui se joue, c'est l'avenir d'Air France. Après avoir fait un plan de restructuration très dur (...), on est en train de sortir la tête de l'eau, on compromet les fruits de notre redressement", a-t-il souligné. "Si on n'est pas capable de faire ça, on compromet l'avenir d'Air France, c'est sa capacité à conquérir des marchés qui se joue", a-t-il ajouté, évoquant la concurrence des compagnies low-cost, comme EasyJet ou Ryanair. VALLS DEMANDE L'ARRÊT DE LA GRÈVE Les négociations devaient reprendre jeudi entre la direction et les syndicats, qui ont rejeté mercredi une proposition sur le partage des activités entre les trois entités de Transavia. Le Spaf, qui avait appelé à cesser le travail jusqu'à samedi, a indiqué jeudi qu'il prolongeait son arrêt de travail de 48h supplémentaires, jusqu'au 22 septembre. "La direction d'Air France assume entièrement la responsabilité du conflit avec ses pilotes", estime le Spaf dans un communiqué. "La désinformation est la seule stratégie de M. Alexandre de Juniac et de ses collaborateurs. Il n'y a pas de projet enthousiasmant pour les pilotes d'Air France, il y a seulement un chantage inacceptable à l'emploi adossé à une stratégie industrielle de délocalisation." Le SNPL et le Spaf réclament notamment un contrat de travail unique pour l'ensemble des pilotes d'avions de plus de cent places au sein des trois compagnies, Air France, Transavia et Hop!, qui assure les liaisons régionales, au lieu d'un changement de contrat lors d'un passage d'Air France à Transavia. Interrogé sur la grève de pilotes, le Premier ministre Manuel Valls a estimé mercredi que la grève des pilotes d'Air France pesait "lourdement" sur la compagnie et sur l'attractivité de la France et devait prendre fin. (Marine Pennetier et Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse)


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  • charleco le jeudi 18 sept 2014 à 13:34

    On paie une longue tradition de hauts salaires privilégiés.

  • M8637171 le jeudi 18 sept 2014 à 11:47

    Il faut comprendre que nos voisins comme les émergents nous concurrencent sur les services et produits à hautes valeurs ajoutées. comme nous sommes beaucoup plus chers, notre déclin est assuré. je ne vois que le secteur de l'armement qui est relativement protégé par le secret défense.

  • M8637171 le jeudi 18 sept 2014 à 11:44

    Dans cette affaire, on touche du doigt une des principale causes du déclin inéluctable de la France sans réformes. Le coût du travail qualifié en France est trop élevé. Pour deux raisons, la durée du travail très inférieures à nos voisins et aux émergents et les charges patronales reversées à l'état très supérieures à nos voisins. Le CICE n'est d'aucune aide car il ne concerne que les salaires inférieur à 2,5 fois le SMIC.