Les « petits pois » face aux prévenus politiques

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Les « petits pois » face aux prévenus politiques
Les « petits pois » face aux prévenus politiques

Série : La part du juge (3|6). En matière d’affaires politico-financières aussi, les magistrats peuvent avoir des interprétations différentes de la loi et de sa rigueur.

« Monsieur Alain Juppé ? » Au premier rang des prévenus, celui qui est alors le président de l’UMP se lève, ferme les boutons de sa veste dans un geste mécanique et s’avance à la barre. Les trois juges qui composent le tribunal de Nanterre devant lequel il comparaît dans l’affaire du financement de son parti – feu le RPR – le regardent dans les yeux. La présidente, Catherine Pierce, rend son jugement.

« Attendu que les valeurs de la République et du service public constituent le cœur de l’enseignement dispensé dans les grandes écoles de la République. Qu’Alain Juppé a précisément été formé dans celles-ci, puis qu’il a joué un rôle éminent dans la vie publique. (…) Attendu que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi. Qu’agissant ainsi, Alain Juppé, investi d’un mandat électif public, a trompé la confiance du peuple souverain. » La présidente reprend son souffle : « Le tribunal, Monsieur, vous déclare coupable des faits de prise illégale d’intérêts. Il vous condamne à la peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis. Le tribunal constate que, par l’effet de l’article L7 du code électoral, vous ne devez pas être inscrit sur les listes électorales pendant un délai de cinq ans. » Soit une inéligibilité d’une durée double, dix ans. Alain Juppé regagne sa chaise. Pas un trait de son visage n’échappe à son contrôle, sa main gauche se pose en douceur sur son avant-bras droit. Puis, comme au ralenti...

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  • bordo il y a 4 mois

    Et Cahuzac ?