Les petites retraites, grandes perdantes du nouveau Passe Navigo

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Le nouveau barème des abonnements Améthyste et Emeraude fait grimper la facture de la majorité des 121.000 bénéficiaires. La Mairie de Paris défend une réforme «de justice sociale».

La Ville de Paris fait des économies et ce sont les retraités qui en font les frais. Les seniors parisiens dont l'impôt sur le revenu est inférieur à 2028 euros (ou 2430 euros en cas de renouvellement) peuvent demander à la mairie un financement partiel de leur abonnement de transport Navigo, au titre de l'aide sociale. Mais la Ville a voté en décembre dernier un nouveau barème pour ce soutien financier. En vigueur depuis le 1er avril dernier, il s'impose à tout bénéficiaire souhaitant souscrire ou renouveler un Passe Navigo Emeraude ou Améthyste, avec la possibilité de mensualiser son paiement.

Les nouveaux tarifs de ce Passe sont progressifs, calqués sur les différentes tranches de l'impôt sur le revenu. Et c'est là que le bât blesse. Pour la majorité des quelque 121.000 bénéficiaires, la facture va augmenter et parfois de plusieurs centaines d'euros.

(Lire: un retraité payant entre 1 et 380 euros d'impôt sur le revenu voit le prix de son Passe Navigo passer de 40 à 90 euros par an)

Pour les détenteurs d'un Passe Navigo pour les zones 1 à 5, seules les plus favorisées des petites retraites voient leur contribution augmenter.

Du côté de la Mairie, on souligne «un contexte financier particulièrement difficile». La réduction des dotations de l'État aux collectivités locales leur impose de réduire leurs dépenses. Mais pas question de rougir de cette réforme «de justice sociale». «Nous réduisons certes l'aide pour certains bénéficiaires mais cela reste toujours une aide, indique-t-on à la Mairie. Même pour ceux qui paient désormais 380 euros, cela reste moins de la moitié du prix public, payé par le contribuable [770 euros, NDLR]. L'aide reste donc substantielle.» La Ville souligne également que cette réforme vise «à protéger les retraités les plus fragiles», qui voient leur contribution baisser de 40 à 30 euros.

Valérie Pécresse, candidate Les Républicains en Île-de-France aux élections régionales, s'est dite «choquée» par cette augmentation de tarifs. «Nous n'avons pas choisi le scénario qui était le plus générateur d'économies mais qui aurait affecté les plus petites retraites», se défend-t-on à la Mairie. Les services de la Ville vantent également «le dispositif le plus favorable en Île-de-France» pour la mobilité des seniors.

Aucune donnée sur l'utilisation réelle des Passes subventionnés

Autre élément qui a joué dans la décision de la Mairie: il n'est pas possible «de vérifier l'utilisation réelle des passes subventionnés». Que le bénéficiaire l'utilise au quotidien ou seulement une fois ou deux dans le mois, la facture est la même pour le contribuable, qui finance ce dispositif d'aide par le biais de l'aide accordée par la Ville. Avec la restriction des dotations, la question de payer plus de la moitié d'un Passe à 770 euros à quelqu'un qui pourrait n'utiliser qu'un ou deux carnets de dix tickets à moins de 15 euros a fait réfléchir la majorité socialiste.

La mesure, forcément impopulaire, fait d'autant plus grincer des dents que les retraités avaient déjà dû faire face à un changement radical de tarification il y a seulement trois ans. Avant 2012, tous les retraités détenteurs d'une carte Emeraude ou Améthyste ne payaient en effet... rien.

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