Les peshmergas kurdes dans la bataille de Kobani

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(Actualisé avec précisions, attentats à Bagdad) par Mariam Karouny et Omer Berberoglu BEYROUTH/MURSITPINAR, Turquie, 2 novembre (Reuters) - Des combattants kurdes venus d'Irak participent désormais aux combats contre l'Etat islamique (EI) à Kobani, espérant que leur soutien aux Kurdes locaux appuyés par des frappes aériennes américaines empêcheront le groupe djihadiste de prendre la ville proche de la frontière turque. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui suit l'évolution de la guerre civile grâce à un réseau d'informateurs dans le pays, a fait état de combats acharnés dans Kobani et ajouté que les deux camps avaient subi des pertes. De son côté, l'armée américaine a dit avoir lancé de nouveaux raids aériens depuis samedi. "Les peshmergas sont entrés dans la bataille hier soir et leur artillerie fait une grande différence", s'est félicité Idriss Nassan, vice-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement kurde qui administre la région, interrogé par Reuters. "Il s'agit de véritable pièces d'artillerie. Nous n'en avions pas et nous utilisions des mortiers ou des armes de notre fabrication. C'est donc une bonne chose", a-t-il ajouté, sans parler de l'évolution de la situation. Selon un correspondant de Reuters sur place, les combats étaient plus intenses dimanche qu'au cours des deux jours précédents. L'arrivée des quelque 150 combattants kurdes d'Irak a été rendue possible par le feu vert de la Turquie à leur passage sur son territoire, alors qu'Ankara a toujours été réticente à l'idée de fournir une aide aux groupes kurdes de Syrie en raison de leurs liens étroits avec les représentants de sa propre minorité kurde. Ces peshmergas sont arrivés en Turquie dans la nuit de mardi à mercredi. Une avant-garde d'une dizaine de combattants s'était brièvement rendue jeudi dans Kobani pour mettre au point une stratégie avec les Unités de protection du peuple kurde (YPG) qui défendent cette ville adossée à la frontière turque. La bataille de Kobani a focalisé l'attention ces dernières semaines et elle est considérée comme un test de l'efficacité des frappes aériennes américaines d'une part, de la capacité des Kurdes à résister à l'EI d'autre part. Les sept derniers raids américains ont visé des cibles de l'EI en Syrie samedi et dimanche, et deux autres attaques ont été lancées avec le soutien de certains alliés en Irak, a précisé le Commandement central des forces américaines. En Irak, une série d'attentats à la bombe a fait 37 morts au sein de la communauté chiite à Bagdad dimanche, selon des sources policières et médicales. L'EI considère les chiites, majoritaires en Irak, comme des infidèles qui méritent la mort. (Mariam Karouny et Omer Berberoglu, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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