Les peshmergas irakiens sont entrés dans Kobani

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SURUC, Turquie, 31 octobre (Reuters) - Un convoi de combattants kurdes irakiens est entré vendredi soir dans la ville syrienne de Kobani, assiégée depuis plus de 40 jours par les djihadistes de l'organisation Etat islamique, annoncent les peshmergas. Peu de temps avant, un journaliste de Reuters les avait vus embarquer à bord d'une dizaine de camions et de jeeps, accompagnés de pièces d'artillerie, et quitter un point de ralliement situé à 8 km de la frontière. Kobani se trouve juste de l'autre côté. "Nous avons traversé (la frontière)", a dit l'un d'eux, joint par téléphone. Ces combattants kurdes d'Irak, au nombre de 150, étaient arrivés en Turquie dans la nuit de mardi à mercredi. Une avant-garde d'une dizaine de peshmergas s'était brièvement rendue jeudi dans Kobani pour tenter de mettre au point une stratégie commune avec les chefs des Unités de protection du peuple kurde (YPG) qui défendent cette ville adossée à la frontière turque. Les défenseurs kurdes de Kobani espèrent que le renfort de ces peshmergas, équipés d'armements lourds, leur permettra d'inverser le cours de la bataille. A leur approche de la frontière, de puissantes explosions ont été entendues en provenance de Kobani. Dans la journée, la coalition militaire emmenée par les Etats-Unis avait de nouveau bombardé des positions de l'Etat islamique autour de la ville. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 21 combattants de l'Etat islamique, dont un Danois, ont été tués dans ces dernières frappes de la coalition. Réticente à l'idée de fournir un soutien aux groupes kurdes de Syrie en raison de leurs liens étroits avec les représentants de sa propre minorité kurde, la Turquie a finalement accepté d'autoriser le transit sur son territoire des peshmergas irakiens se rendant à Kobani. En visite à Paris, le président turc Recep Tayyip Erdogan a toutefois reproché vendredi aux Etats-Unis et à leurs alliés d'attacher une trop grande importance à Kobani alors qu'ils sont restés sans réaction face aux combats qui ravagent la Syrie depuis 2011. "Pourquoi seulement Kobani? Pourquoi pas d'autres villes?", a demandé le président turc à l'issue d'un entretien avec François Hollande à l'Elysée. "On ne parle que de Kobani qui est à la frontière turque où il n'y a presque plus personne à part 2.000 combattants", a-t-il ajouté. "Il est difficile de comprendre cette approche: pourquoi les forces de la coalition bombardent continuellement cette ville de Kobani, pourquoi les forces de la coalition n'ont pas voulu agir dans d'autres territoires syriens?" (Humeyra Pamuk avec John Irish à Paris; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)

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