Les perturbations des marchés ont « contribué à durcir les conditions financières » (BNP Paribas IP)

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L'économie américaine connaît quelques fragilités qu'il ne faut pas surinterpréter, explique BNP Paribas Investment Partners.
L'économie américaine connaît quelques fragilités qu'il ne faut pas surinterpréter, explique BNP Paribas Investment Partners.

Le début d’année chahuté sur les marchés a « contribué à durcir les conditions financières », notamment aux Etats-Unis, estime BNP Paribas Investment Partners. Pour autant, les discours alarmistes sur la conjoncture américaine et sur les perspectives des marchés seraient très excessifs.

Alors que les marchés ont connu quelques sueurs froides la semaine dernière, Joost van Leenders, économiste, et Colin Graham, directeur des investissements multi-actifs, livrent leur analyse des marchés dans une récente note de conjoncture de BNP Paribas Investment Partners.

La semaine dernière, « Le sentiment du marché est resté franchement négatif. Alors que les indicateurs de croissance ne sont pas si faibles dans l’ensemble, les remous sur les marchés financiers et le resserrement des conditions financières ont continué de nourrir des doutes quant à la pérennité de la croissance mondiale et à l’efficacité de la politique monétaire », observent-ils.

Les doutes se sont particulièrement concentrés sur la conjoncture de l’économie américaine. « La faiblesse de la croissance au quatrième trimestre et les statistiques mitigées ont alimenté des spéculations sur une orientation de l’économie américaine vers une récession ».

Joost van Leenders  et Colin Graham ne sont pourtant pas de cet avis : « Si l’indice du sentiment des dirigeants de petites entreprises s’est clairement essoufflé, son affaiblissement n’est pas suffisamment important pour indiquer une récession », affirment-ils.

Justifiant en partie ce relativisme, « La baisse des cours du pétrole a certes pénalisé le secteur de l’énergie et fait chuter l’investissement, mais elle a également eu des retombées positives pour les entreprises consommatrices d’énergie et les ménages. Près de 80% de la hausse du revenu des ménages depuis juillet 2014 ont été dépensés, mais il est juste de dire que les ménages sont devenus plus prudents ». Cette prudence n’est pas forcément un mauvais signe, alors que les économies des ménages américains leur permettent aussi de se désendetter.

Ménageant toujours la chèvre et le chou, BNP Paribas IP poursuit : « Les banques ont également resserré leurs critères d’octroi de prêts (aux entreprises). Cependant, il n’y a pas eu de durcissement des conditions financières pour les ménages. Les taux hypothécaires sont proches de plus-bas record ».

Dans la même idée, « La dette totale est élevée par rapport au PIB ; elle rend donc l’économie américaine (et bien d’autres économies) vulnérable à une hausse des taux d’intérêt, mais c’est précisément pour cette raison que la Fed ne devrait relever ses taux que de manière progressive ».

En effet, les deux auteurs de la note d’analyse remarquent que suite à la recrudescence des incertitudes en début d’année, « Les marchés ne croient plus à des hausses de taux cette année. En fait, l’élargissement des spreads de crédit, le recul des actions et la vigueur du dollar américain ont déjà contribué à durcir les conditions financières ».

Comme évoqué dans une autre analyse récente, l’appréciation du dollar au cours des derniers mois aurait en effet déjà eu sur l’économie américaine le même effet qu’une hausse significative des taux d’intérêts de la Fed. Cette dernière, consciente de cet effet, devrait donc montrer une grande prudence pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu dans les prochains mois.

De bonnes surprises pourraient également venir de la BCE le mois prochain. « Une baisse du taux de dépôt de la BCE pourrait ne pas suffire à rasséréner les marchés. Nous anticipons que la BCE ajustera également son programme d’achats d’actifs » estiment Joost van Leenders et Colin Graham. Ces derniers semblent ainsi envisager l’annonce d’une augmentation du plafond des rachats d’actifs mensuels de la BCE dans le cadre de son « quantitative easing », éventuellement dès le 10 mars. Cette annonce, très attendue en décembre dernier, n’avait pas été évoquée par Mario Draghi, provoquant une importante déception sur les marchés.

« Dans ce contexte, nous ne prévoyons pas de marché baissier structurel mais anticipons que les marchés évolueront dans une fourchette étroite » termine BNP Paribas IP, estimant ainsi que les indices boursiers devraient se stabiliser autour de leurs niveaux actuels, sans retrouver de tendance haussière nette, ni accentuer leur mouvement baissier de début d’année.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • jmlhomme le lundi 15 fév 2016 à 15:51

    Au vu des recommandations faites par la meme banque voilà 8 mois, il ne sert à rien de lire ce qui est écrit . Des banalités..... Ils ne connaissent vraiment rien aux entreprises quand bien meme ils cherchent à comprendre la Finance. La bourse est sensé participer aux entreprises dans le but de leur développement de business ( Haut de Bilan financant le moyen long terme...... Les actions devraient donc etre le moins volatil et le moins risqués des placements (et le plus remunérateur )