Les personnels pénitentiaires bloquent les prisons

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BLOCAGE DES PRISONS PAR LE PERSONNEL PÉNITENTIAIRE
BLOCAGE DES PRISONS PAR LE PERSONNEL PÉNITENTIAIRE

NANTES (Reuters) - Les trois quarts des prisons françaises ont été bloquées mardi par leurs personnels à l'appel du syndicat pénitentiaire majoritaire qui dénonce des "sous-effectifs croissants" et demande "la restauration de l'autorité de l'Etat".

Des évacuations manu militari par les forces de l'ordre ont eu lieu dans certaines d'entre elles, comme à Fleury-Mérogis (Essonne), pour procéder à des extractions de détenus.

Une situation "extrêmement tendue" a également été rapportée par le syndicat Ufap-Unsa à la maison d'arrêt de Sequedin (Nord).

Dans l'Ouest, les entrées des prisons d'Angers et Rennes ont également été évacuées, et celles du centre pénitentiaire de Nantes pourraient l'être à la mi-journée.

En milieu de matinée, une quarantaine d'agents bloquaient toujours l'établissement, ne laissant passer que les livraisons de repas ou les familles de détenus venues aux parloirs.

"Il y a une perte d'autorité des personnels pénitentiaires, on perd la maîtrise de nos établissements", a expliqué à Reuters Stéphane Barraut, secrétaire général adjoint de l'Ufap-Unsa.

"La population détenue est de plus en plus vindicative, et se permet de prendre des surveillants ou des psychologues en otage pour un oui ou pour un non."

Six prises d'otages ont ainsi été recensées en France en l'espace de trois mois, selon le syndicat, qui lie cette situation au millier de postes vacants dans les prisons.

"A Nantes, une trentaine de postes sont vacants entre la maison d'arrêt et le centre de détention, mais un seul a été ouvert pour la prochaine commission de mutation des agents", déplore ainsi Daniel Joliet, secrétaire régional adjoint de l'Ufap-Unsa en Bretagne et Pays de la Loire.

Christiane Taubira "a été alertée il y a quinze jours de cette situation tendue et de l'urgence des réponses attendues", selon Stéphane Barraut, qui dit attendre une réponse de la Chancellerie alors qu'un "ultimatum national" - lancé avant le mouvement de blocage des prisons - est, lui, resté sans réponse.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice indique qu'une délégation du syndicat majoritaire sera reçue mardi après-midi.

"Christiane Taubira entend parfaitement les inquiétudes des agents pénitentiaires et entend y apporter des réponses dans les meilleurs délais", souligne le texte.

La ministre a adressé le 17 avril dernier un courrier au Premier ministre dans lequel elle l'alerte "sur la nécessité d'examiner au plus vite" le projet de réforme pénale, qui doit permettre de prévenir la récidive et de désengorger les prisons, "et de pourvoir rapidement les postes vacants dans l'administration pénitentiaire."

(Guillaume Frouin, avec Chine Labbé à Paris, édité par Yves Clarisse)

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