Les permis de construire ont augmenté de 15% en 2010

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Les taux d'intérêt d'emprunt très favorables et le plan de relance, avec le doublement du prêt à taux zéro et le Pass foncier, expliquent la reprise dans le logement.

La reprise dans le logement s'ébauche enfin. Le nombre de mises en chantier a grimpé de 3,5% l'an passé, pour atteindre 346.000. Autre bon indicateur: sur la même période, les permis de construire, qui généralement précèdent de quelques mois le début des travaux, ont enregistré une progression de 15,1% pour culminer à 453.000.

Les raisons de ce retour à meilleure fortune sont multiples. D'abord, les taux d'intérêt d'emprunt n'ont jamais été aussi favorables, descendant au plus bas en novembre à 3,25%. «Ensuite, le plan de relance, avec le doublement du prêt à taux zéro et le Pass foncier, a bien fonctionné , souligne Michel Mouillart, professeur à l'université Paris-X et expert de l'immobilier. Avec cela, les banques et les promoteurs ont bien joué le jeu, maximisant l'utilisation de ces dispositifs.» Pour compléter ce tableau , l'Ile-de-France, où les besoins en logement sont le plus criants, a connu une croissance des mises en chantier de 20,6%, supérieure à la moyenne nationale.

Reste que tous les points noirs en matière de logement n'ont pas ­disparu. «Les mises en chantier (346.000) restent en dessous des besoins annuels en logements, compris entre 380.000 et 400.000 unités selon l'Insee», estime Marc Pigeon, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC). D'ailleurs, pour être meilleurs, les chiffres de l'année dernière restent en deçà des grands millésimes de la construction. Les 453.000 permis de construire accordés en 2010 font pâle figure comparés aux 567.000 de 2007 et aux 592 000 de 2006.

En tout cas, cette abondance de permis de construire devrait mécaniquement déboucher sur un grand nombre de mises en chantier en 2011. «Je table sur 400.000», déclare Michel Mouillart. Mais tout n'est pas joué, car pas mal de paramètres ont changé. D'abord, le dispositif d'aide d'accès à la propriété a été remanié avec la mise en place du PTZ + (prêt à taux zéro plus) à la place du PTZ, du Pass foncier et de la déduction des intérêts d'emprunt immobilier.

Hausse des prix redoutée

Les ventes et les permis de construire dépendront en grande partie de l'efficacité de cette nouvelle formule. «Il faudra peut-être le premier trimestre pour que les banques ­sachent parfaitement utiliser le PTZ+, car c'est un produit compliqué. Mais dès le second trimestre, cette formule rencontrera un très grand succès», estime Michel Mouillart. La remontée éventuelle des taux d'intérêt pourrait toutefois doucher ce bel enthousiasme.

Autre point d'interrogation: les ventes aux investisseurs, qui ont représenté deux tiers des transactions en 2010. Elles risquent de ­chuter avec le rabotage du dispositif Scellier, qui les rend moins attractives. Enfin, selon les experts, les ­mises en chantier de logements ­sociaux, qui ont atteint les 105.000 nités l'année dernière, ne pourront pas monter plus haut.

Côté promoteurs, on s'interroge aussi sur la possibilité de trouver assez de terrains pour construire. «Aujourd'hui, nous avons une offre de cinq mois à cinq mois et demi, ce qui est faible, avance Marc Pigeon. Il faut donc réussir à nous approvisionner en foncier abordable, sinon les prix des logements neufs augmenteront.» Une inflation dont on connaît déjà tous les effets néfastes dans les logements anciens.

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