Les pérégrinations des migrants afghans de Paris

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Des migrants afghans regardent des photos sur un téléphone à Paris le 19 décembre 2015.
Des migrants afghans regardent des photos sur un téléphone à Paris le 19 décembre 2015.

Une partie des 150 Afghans installés près de la gare de l’Est ont décidé de se délocaliser place de la République dans l’espoir de devenir enfin visibles.

A force de dormir dehors, ils ne savent plus ce qu’est un sommeil réparateur. Dimanche 20 décembre, quelque 80 Afghans ont émergé de leurs couvertures bigarrées, place de la République, à Paris. La veille, à l’issue de la manifestation de soutien aux migrants qui a réuni un bon millier de personnes dans les rues de la capitale, une partie des 150 Afghans de la place Raoul Follereau, non loin de la gare de l’Est, dans le Xe arrondissement, avaient décidé de se délocaliser pour jouer la visibilité.

Du haut de son socle, entourée des allégories de la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, Marianne les protégera-t-elle ? Les aidera-t-elle à faire valoir leurs droits ? Durant leur première nuit sur ce lieu devenu emblématique des attentats de janvier et de novembre, trois cars de CRS sont venus poser leurs interdictions : dormir « oui », monter une tente ou déployer une banderole « non ». Sept fourgons de gendarmes l’ont rappelé dimanche soir. Sans doute les forces de l’ordre ignoraient-elles que cette centaine d’hommes dort sans toits, fussent-ils de toile, depuis des mois. Même si la plupart d’entre eux sont demandeurs d’asile et devraient être hébergés.

Noor Agha est l’un des leurs. Le jeudi 17 décembre s’est révélé une bonne journée pour lui. « J’ai enfin obtenu mon récépissé de demandeur d’asile », confie-t-il le soir même, un sourire dans ses yeux tristes. « J’avais déclaré le 10 novembre vouloir demander le statut en France, j’ai même dormi sur le trottoir en face de Fran...

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