Les pénuries menacent les Irakiens de Falloudja

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    par Stephen Kalin 
    BAGDAD, 2 février (Reuters) - Le gouverneur de la province 
irakienne d'Anbar a appelé la coalition conduite par les 
Etats-Unis à parachuter des vivres et des médicaments à 
Falloudja, où des dizaines de milliers de civils sont pris au 
piège. 
    La ville, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest 
de Bagdad, est contrôlée par l'organisation djihadiste Etat 
islamique (EI) mais assiégée par les forces gouvernementales 
irakiennes. 
    "Aucune force ne peut y entrer et sécuriser (l'acheminement 
d'une aide). Il n'y a pas d'autre option que celle d'un 
transport aérien", a dit Sohaïb al Raoui, interrogé tard lundi 
soir par la chaîne de télévision Al Hadath TV. 
    D'après des habitants joints par téléphone, la population de 
Falloudja souffre de pénuries d'aliments, de médicaments et de 
carburants. Selon les médias irakiens, une dizaine de personnes 
sont mortes de faim ou faute de soins. 
    Le gouverneur Raoui a ajouté que les djihadistes de l'EI 
avaient miné le pourtour de la ville et empêchaient les 
habitants de fuir. 
    Falloudja est tombée aux mains du groupe d'Abou Bakr al 
Baghdadi dès janvier 2014, six mois avant que la prise 
spectaculaire de Mossoul, dans le nord, ne marque l'émergence 
des djihadistes sunnites de l'EI qui contrôlent aujourd'hui de 
larges portions des territoires irakien et syrien et 
s'implantent en Libye. 
    La ville, encerclée par l'armée, la police irakiennes et des 
milices chiites, est soumise à un siège quasi total depuis la 
fin de l'an dernier. 
    Les autorités irakiennes, qui ont repris fin décembre le 
centre de Ramadi, chef lieu de la province d'Anbar, 50 
kilomètres plus à l'ouest, n'ont pas dévoilé leurs intentions 
concernant Falloudja mais semblent se focaliser davantage sur la 
reconquête de Mossoul. 
    D'après la coalition, quelque 400 djihadistes de l'EI se 
trouvent dans Falloudja. Des experts militaires estiment que le 
chiffre véritable est plus proche de 1.000. 
    Lise Grande, coordinatrice de l'Onu en Irak pour les 
questions humanitaires, a déclaré que les conditions de vie y 
étaient "terribles". "Nous sommes extraordinairement inquiets 
des informations non confirmées faisant état de décès par manque 
de médicaments ou du fait de la famine", a-t-elle dit à Reuters. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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