Les pays africains exhortent l'Ouest à agir sur la Libye

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par John Irish DAKAR, 17 décembre (Reuters) - Les dirigeants africains réunis à Dakar pour un forum sur la sécurité ont appelé mardi les pays occidentaux à agir pour régler la crise en Libye, qui déstabilise l'ensemble de la région. Plus de trois ans après une intervention militaire de l'Otan ayant contribué à la chute et à la mort de Mouammar Kadhafi, la Libye est plongée dans le chaos en raison de la confrontation armée entre deux gouvernements rivaux. ID:nL6N0U04F7 Ce vide politique dans le nord du pays a laissé le champ libre à des groupes islamistes qui se sont regroupés dans le sud désertique de la Libye, d'où ils menacent des pays comme le Mali, le Niger ou le Tchad. "Tant que nous n'aurons pas réglé le problème dans le sud de la Libye, il n'y aura pas de paix dans la région", a dit le président malien Ibrahim Boubacar Keita lors du forum à Dakar. Le Mali a été l'une des premières victimes collatérales du chaos libyen après le renversement de Mouammar Kadhafi, dont les arsenaux laissés à l'abandon ont alimenté en armes les islamistes qui se sont alliés aux rebelles touaregs pour s'emparer du nord du Mali en 2012. La France est intervenue militairement pour repousser ces islamistes, certains liés à Al Qaïda, qui continuent cependant de lancer des attaques sporadiques contre l'armée malienne et les casques bleus déployés par l'Onu. La France dispose désormais d'environ 3.000 militaires dans la bande sahélo-saharienne, dans le cadre de l'opération Barkhane. Des pays africains accusent toutefois les Occidentaux d'ignorer leurs inquiétudes et d'avoir abandonné la Libye à elle-même une fois Mouammar Kadhafi tué. "La Libye est désormais un terrain fertile pour le terrorisme et toutes sortes de criminels", a dit le président tchadien Idriss Déby, en jugeant que l'Otan avait une obligation à agir face au chaos libyen après être intervenue en 2011 à l'instigation de la France et de la Grande-Bretagne. Son homologue sénégalais Macky Sall a déclaré que les armées de la région, mal équipées, avaient besoin d'un soutien matériel de la part des pays occidentaux. Visant apparemment la France, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a pour sa part réclamé l'arrêt du versement de rançons pour la libération d'otages détenus par des groupes islamistes. Présent à Dakar, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que le problème du sud libyen ne serait pas résolu tant qu'une solution politique ne serait pas trouvée dans le nord de la Libye. (Bertrand Boucey pour le service français)

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