Les patrouilles de l'EI continuent de sillonner Mossoul

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    BAGDAD, 9 novembre (Reuters) - Retranché dans son bastion 
irakien de Mossoul, l'Etat islamique a exposé les corps 
crucifiés de cinq personnes accusées d'avoir livré des 
informations à l'"ennemi" et sa police religieuse est réapparue 
dans les rues de la ville, témoignent des habitants. 
    Les cinq corps ont été placés à un carrefour, geste 
signifiant clairement aux quelque 1,5 million d'habitants que 
les extrémistes sunnites tiennent toujours fermement la ville en 
dépit de l'opération lancée sur plusieurs fronts le 17 octobre 
par les forces irakiennes et kurdes. L'EI contrôle Mossoul 
depuis juin 2014.  
    La coalition à l'offensive, qui réunit environ 100.000 
hommes, a quasiment encerclé la ville et pénétré dans les 
quartiers est.  
    Selon des habitants joints mardi soir par Reuters, de 
nombreux quartiers de Mossoul sont plus calmes que les jours 
précédents, même dans des zones où de violents affrontements ont 
eu lieu au cours des derniers jours, et les gens ont pu sortir 
pour se ravitailler. 
    "Je suis sorti de ma voiture pour la première fois depuis le 
début des combats dans les quartiers est", a dit un habitant. 
"J'ai vu des éléments de la hisba (police religieuse) vérifiant 
les barbes et les vêtements des hommes et cherchant des 
fumeurs." La hisba sillonne la ville à bord de véhicules 
spécialement identifiés.  
    "On dirait qu'ils veulent montrer leur présence après avoir 
disparu pendant les dix derniers jours, surtout sur la rive 
est", ajoute cet habitant.  
    Un policier à la retraite allant toucher sa pension a 
déclaré que le responsable avait refusé de lui verser s'il ne 
donnait pas sa carte SIM en échange, afin que ses communications 
soient contrôlées. "Il m'a dit que c'étaient les instructions de 
Daech", a déclaré cet homme de 65 ans, disant s'appeler Abou 
Ali. 
    Mossoul est divisé en deux moitiés par le Tigre. La moitié 
est, où les forces spéciales irakiennes ont enfoncé les défenses 
de l'EI, a une population plus mélangée que la partie ouest, 
très majoritairement arabe sunnite, où la plupart des 
observateurs jugent que l'EI reste bien implantée. 
    Le chef du groupe sunnite, Abou Bakr al Baghadi, a exhorté 
ses partisans début novembre à mener une "guerre totale".  
 
 (Dominic Evans; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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