Les patrons maintiennent la pression sur François Hollande

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PARIS (Reuters) - Les grands patrons maintiennent la pression sur François Hollande en exigeant un "choc" de compétitivité que le gouvernement français a de nouveau écarté dimanche par la voix du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

Dans la foulée du Medef et des "pigeons", ces entrepreneurs hostiles aux projets de taxation des cessions de jeunes entreprises, les PDG des 98 plus importantes sociétés françaises pressent dans les colonnes du Journal du dimanche le chef de l'Etat de baisser le coût du travail et la dépense publique.

Pour ces grands patrons, L'Etat doit réduire les dépenses publiques de 60 milliards d'euros sur la durée du quinquennat et baisser le coût du travail d'au moins 30 milliards d'euros sur deux ans.

A ce "choc" de compétitivité que prônerait également, selon certains médias, le rapport sur le sujet que Louis Gallois doit remettre le 5 novembre, le gouvernement préfère une "trajectoire" étalée sur la durée du quinquennat.

Le gouvernement se réunira le 6 novembre pour définir une stratégie selon ce principe, rappelé dimanche par Pierre Moscovici.

"Je ne crois pas en effet au choc de compétitivité", a dit le ministre de l'Economie et des Finances sur Canal+.

"Il faut absolument agir sur la compétitivité, là je les entends (les patrons), mais pas par un choc, par une trajectoire, par une politique continue dans le temps, c'est comme ça que les Allemands ont fait", a-t-il ajouté.

"Ca ne se fait pas par un coup de baguette magique, ça se fait par un effort très important sur un quinquennat au moins.

HOLLANDE S'OFFRE UN "REMUE-MÉNINGES"

La dernière initiative du patronat a également fait réagir Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), pour lequel les "vautours" succèdent aux "pigeons".

"Derrière la petite flopée de soi-disant pigeons on retrouve tout de suite la grande flopée des vautours qui débarquent puisque là, c'est directement le Cac 40", a déclaré l'ancien candidat à la présidentielle sur France 3.

Après une semaine de cacophonie sur ce thème de la compétitivité, François Hollande réunit lundi à Paris un casting de luxe pour un "remue-méninges" consacré à la situation économique de la France.

Reprenant une formule mise en place par la chancelière allemande Angela Merkel, le président français rencontrera notamment la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ancienne ministre des Finances de Nicolas Sarkozy.

Autres convives de marque, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, le socialiste Pascal Lamy, Jim Yong Kim de la Banque mondiale, Guy Ryder de l'Organisation internationale du travail et Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

C'est au siège parisien de cette organisation que se tiendra cette rencontre, qui sera suivie d'un déjeuner de travail puis d'une conférence de presse de François Hollande.

Le président français a pour l'instant réussi son test de crédibilité sur les marchés financiers mais il est confronté à un scepticisme grandissant sur sa capacité à dynamiser l'économie par des mesures structurelles.

Dans un contexte de ralentissement économique mondial, la France continue de bénéficier de taux d'emprunt historiquement bas mais des économistes préviennent que la situation pourrait changer si des mesures pour dynamiser l'activité ne sont pas prises.

Patrick Vignal

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  • Georg47 le dimanche 28 oct 2012 à 17:26

    ça "presse" si peu que ce n'est pas la peine d'en parler

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