Les patrons inquiets d'une possible victoire du FN

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INQUIÉTUDE DES PATRONS SUR UNE ÉVENTUELLE VICTOIRE DU FN AUX RÉGIONALES
INQUIÉTUDE DES PATRONS SUR UNE ÉVENTUELLE VICTOIRE DU FN AUX RÉGIONALES

PARIS (Reuters) - Les patrons se montrent préoccupés à l'approche du second tour des régionales et s'inquiètent des retombées négatives et de l'incertitude qui résulteraient d'éventuelles victoires du Front national (FN).

A droite comme à gauche, on prédit le pire pour les territoires qui basculeraient à l'extrême droite.

Le Premier ministre Manuel Valls, qui a affirmé cette semaine que les partisans du FN mettaient "en danger l'avenir économique des régions", est encore monté d'un cran à deux jours du scrutin, évoquant un risque de "guerre civile" en cas de victoire de la formation de Marine Le Pen.

Si les derniers sondages ne lui sont pas favorable, le FN n'a pas perdu tout espoir d'arriver en tête en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ou en Provence-Alples-Côte-d'Azur (Paca).

Dans cette dernière région, qui accueille plus de 30 millions de visiteurs chaque année, le tourisme représente plus de 10% de l'activité, selon les chiffres de la Mission de développement économique régionale.

"Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose que la marque Paca soit associée à l'image du FN, en France et à l'étranger, et aux valeurs qui vont avec", juge Jean-Luc Monteil, président de la branche régionale du Medef.

Pour Jean-Pierre Ghiribelli, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie dans le Var et en Paca, les deux municipalités FN de son département - Fréjus et Cogolin - sont "bien gérées" mais il se souvient que l'expérience FN à Toulon, à la fin des années 1990, a été un "désastre" et redoute lui aussi les conséquences pour sa filière. Cet hôtelier de Bandol dit avoir déjà reçu des appels de clients français et étrangers inquiets.

NE PAS "SE MÊLER DE POLITIQUE"

Ailleurs, les patrons restent souvent plus discrets sur le sujet, une attitude que Frédéric Motte, président du Medef en Nord-Pas-de-Calais, explique par la "tradition des patrons du Nord" qui n'ont pas l'habitude de "se mêler de politique".

"Un chef d'entreprise a besoin de visibilité et de lisibilité. Quand on est en période d'incertitude, ce n'est pas bon pour le business et une victoire du FN participerait à l'incertitude", note-t-il toutefois.

Bruno Bonduelle, ex-président du groupe agroalimentaire éponyme mais aussi de la CCI du Grand Lille, a pris publiquement position contre le FN par peur, a-t-il écrit dans une tribune publiée en novembre, de voir l'"économie sombrer dans le repli sur soi".

Désormais, il préfère garder le silence pour "sauvegarder les intérêts de l'entreprise dont (il) porte le nom", a-t-il dit à Reuters.

Luc Doublet, président délégué de Nord France Invest, une agence de promotion économique financée à 70% par le Conseil régional, dit ne pas voir d'inquiétude chez ses confrères.

Mais les candidats du FN "ont fait quelques déclarations qui montrent qu'ils n'ont pas encore le retour d'expérience nécessaire", ajoute ce chef d'entreprise.

L'économie du Nord-Pas-de-Calais est ouverte sur le monde: quelque 1.100 groupes étrangers y sont implantés et elle figure au troisième rang des régions de France qui attirent le plus d'investissements directs étrangers, d'après le Conseil régional.

Pour Luc Doublet, il est peu probable que les multinationales désertent la région au lendemain d'une éventuelle victoire de Marine Le Pen.

Selon Olivier Klotz, chef du Medef alsacien, les patrons de l'Est restent eux aussi "prudents" en attendant le dénouement du second tour dimanche prochain. Mais, ajoute-t-il, le vote FN reste "honteux".

De nombreux patrons jugent les propositions économiques de la direction nationale du FN avec beaucoup de méfiance, surtout la volonté de sortir de l'euro, et partagent en cela la position prise par le Pierre Gattaz, président du Medef, avant le premier tour.

Les incertitudes politiques en France mais aussi les risques d'attentats et la possibilité d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, tout cela fait qu'il est très difficile d'être optimiste dans le contexte actuel, a dit un Reuters un grand banquier parisien.

Une fois n'est pas coutume, quelques-uns des principaux syndicats et le patronat ont fait entendre ces derniers jours une position commune, à quelques nuances près: tous se disent hostiles à la formation d'extrême droite.

Dans la foulée du premier tour, la CGT a appelé à "faire échec" au parti d'extrême droite et la CFDT a demandé à ses membres de "voter massivement" contre lui.

(Simon Carraud, avec Ingrid Melander, édité par Marc Joanny)

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  • jean.e1 il y a 12 mois

    hihi fini les milliard a l oeil si le fn gagne

  • M7876977 il y a 12 mois

    Tu m'étonne on est si bien avec la "gauche".

  • M8657715 il y a 12 mois

    Je répète donc pour la sans sûre : "Des patrons" et non pas "Les patrons". L'ordinateur des journaleux ne sait pas faire cette nuance !

  • bearnhar il y a 12 mois

    Et ceux à l'origine de ce dégout ont beau jeu de nous agiter l'épouvantail de ceux qui n'ont jamais gouverné, je suis terrorisé...

  • bearnhar il y a 12 mois

    5325 : très bonne remarque, 95% de l'emploi se situe chez les PME/TPE/Artisans, l'avis des autres m'est totalement indifférent, ils ont bénéficié depuis des années de toutes les aides possibles et imaginables, par centaines de milliards l'argent qu'on n'a pas se déverse sur eux, il ne fallait aider que les petits, y mettre le paquet, et supprimer tout aux autres, à commencer par les allègements en face des 35h, donc les 35h.

  • M3366730 il y a 12 mois

    C'est leur façon de "gérer" la France depuis plus de 3 ans 1/2 qui va nous amener une guerre civile. Et si l'on faisait un bilan des résultats économique de l'équipe de charlots qui gouvernent actuellement la France depuis bientôt 4 ans.

  • M415325 il y a 12 mois

    les patrons mais lesquels ceux qui ne paient pas d'impôts et bouffent les subventions de l état

  • CHANOMAR il y a 12 mois

    il va y avoir beaucoup de rat mord dans les tiroirs des regions peu etre pour ça que Valls a peur pour son gouvernement et maintenant certain patrons

  • milano12 il y a 12 mois

    @ bar 16 j avais oublié croissance 0

  • alhet35 il y a 12 mois

    tous ces politiques ont peur,mais, de perdre leur place dorée. Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage.Aboyer,aboyer la caravane du F.N. passera quand même en 2015 ou en 2017.