Les partisans du Premier ministre macédonien manifestent à Skopje

le , mis à jour à 22:45
0

(Actualisé avec déclaration de Grouevski) SKOPJE, 18 mai (Reuters) - Des milliers de partisans du Premier ministre macédonien Nikola Grouevski, dont l'opposition réclame la démission, se sont rassemblés lundi dans le centre de Skopje, la capitale. La veille, à l'appel du dirigeant de l'opposition Zoran Zaev, un nombre comparable d'opposants avait exigé le départ du chef du gouvernement, mis en cause dans un scandale d'écoutes illégales qui a plongé le pays dans sa plus grave crise politique depuis 2001. "La Macédoine n'a pas besoin de dirigeants politiques qui se mettent au service d'agents étrangers" a lancé Grouevski à la foule venue le soutenir lundi. "Cet homme ne sera jamais Premier ministre", a-t-il ajouté à propos de Zoran Zaev. Le Premier ministre conservateur, au pouvoir depuis neuf ans, a tenté d'endiguer la contestation croissante en procédant récemment au limogeage de sa ministre de l'Intérieur et du chef des services de contre-espionnage. Nikola Grouevski et certains de ses ministres se trouvent au coeur d'un scandale révélé en février par Zaev, chef du Parti social-démocrate (opposition), qui a transmis à un lanceur d'alerte des enregistrements de conservations apparemment ordonnés illégalement. Ces mesures de surveillance auraient visé près de 20.000 personnes, des opposants mais aussi des alliés du pouvoir en place. Nikola Grouevski n'a pas nié l'exactitude du contenu de ces enregistrements mais a réfuté les avoir commandités. Zoran Zaev a, depuis, été poursuivi pour violence contre l'Etat. Les 9 et 10 mai, des affrontements entre forces de l'ordre et un groupe armé dans un faubourg albanophone de Koumanovo ont fait huit morts et 37 blessés parmi les policiers. Quatorze "terroristes" auraient été tués lors de ces incidents survenus à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale. Nikola Grouevski a affirmé que la police avait déjoué un complot terroriste mais l'Albanie et certains observateurs estiment qu'il s'agirait d'une tentative de diversion organisée par le gouvernement. Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé "des organisateurs occidentaux" d'essayer de fomenter une révolution contre un gouvernement qui a refusé de participer aux sanctions contre la Russie à propos de l'Ukraine. (Kole Casule, Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant