Les partisans de Mohamed Morsi appellent à défiler en masse

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LES PARTISANS DE MOHAMED MORSI LANCENT UN NOUVEL APPEL À MANIFESTER
LES PARTISANS DE MOHAMED MORSI LANCENT UN NOUVEL APPEL À MANIFESTER

par Yasmine Saleh

LE CAIRE (Reuters) - Les partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi ont appelé lundi la population à descendre dans la rue pour empêcher l'intervention des forces de l'ordre contre les deux campements occupés depuis plusieurs semaines par des milliers d'entre eux au Caire.

Des sources des services de sécurité et un représentant du gouvernement avaient expliqué dimanche que le démantèlement de ces camps débuterait à l'aube ce lundi en dépit des risques de voir l'opération déclencher de nouveaux affrontements meurtriers.

Mais d'après une source sécuritaire, l'opération a été reportée après l'arrivée de plusieurs milliers de personnes sur les deux sites de rassemblement des pro-Morsi.

L'Alliance nationale de soutien à la légitimité, qui regroupe différents soutiens de Mohamed Morsi à commencer par les Frères musulmans, a appelé à des manifestations dans tout le pays contre le pouvoir militaire qui a renversé le 3 juillet le président élu un an plus tôt.

"L'Alliance appelle le peuple d'Egypte, dans toutes les provinces, à participer aux manifestations lundi et à se rassembler partout", dit-elle dans un communiqué qui évoque également une "marche d'un million d'hommes" mardi contre ce qu'elle présente comme un coup d'Etat militaire.

Au camp d'Al Nahda, installé autour d'un rond-point et qui s'étend désormais le long d'un boulevard proche du zoo du Caire, l'ambiance était grave lundi après-midi mais la peur n'était pas perceptible.

Interrogé sur la menace de démantèlement, Ahmed Chargaoui, un traducteur de 23 ans, a répondu: "Ils ont déjà dit ça il y a 15 jours. Ils disent tout le temps qu'ils vont en finir."

Des émissaires occidentaux et arabes ainsi que plusieurs membres du gouvernement ont appelé l'armée à éviter le recours à la force.

Le ministre des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, a assuré que le droit à manifester pacifiquement serait respecté et que tous les efforts nécessaires seraient entrepris pour aboutir à une solution négociée. Mais il a laissé entendre que la patience du gouvernement avait des limites.

"NOUS VOULONS L'ISLAM, ILS VEULENT LE LIBÉRALISME"

"Il n'est pas raisonnable qu'un gouvernement démocratique soit obligé d'accepter des sit-ins qui ont recours à la violence et qui menacent la sécurité des citoyens et du pays", a-t-il dit, selon des extraits d'un entretien à la BBC rapportés par l'agence officielle Mena.

Un responsable des services de sécurité a déclaré que les manifestants seraient dispersés progressivement. Si de simples avertissements et des invitations à quitter les lieux ne suffisent pas, la police utilisera des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser ceux qui refusent d'obtempérer, a-t-il expliqué.

Un autre responsable sécuritaire a déclaré: "La violence ne sera pas utilisée tant que les manifestants ne deviennent pas violents."

Les manifestants pro-Morsi ont construits des barricades de sacs de sable et de pierres pour protéger les abords de leurs campements.

Plusieurs milliers de personnes étaient encore rassemblées dans le principal campement, près de la mosquée Rabaa al Adaouia du nord-est de la capitale, aux entrées duquel des hommes armés brandissant des bâtons scandaient "Allah est grand".

"Je suis là depuis 28 jours et je resterai jusqu'à la mort, la question est religieuse désormais et plus politique. Nous voulons l'islam, ils veulent le libéralisme", a déclaré Ahmed Ramadan, qui a abandonné son emploi dans une station touristique de la mer Rouge pour rejoindre le campement.

Depuis la destitution du premier président librement élu de l'histoire du pays, les violences politiques ont fait quelque 300 morts, dont plusieurs dizaines de sympathisants islamistes tués par les forces de sécurité.

Le général Abdel Fattah al Sissi, chef d'état-major des forces armées qui a prononcé la destitution du président, est soumis à des pressions fortes de la part des "radicaux" de l'armée qui veulent en finir avec les rassemblements des pro-Morsi, notent des sources sécuritaires.

Avec Shadia Nasralla; Henri-Pierre André et Marc Angrand pour le service français

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  • M7989149 le lundi 12 aout 2013 à 23:12

    Le freres musulmans s'en occupent. A Naples il y a la Camora... Morsi le grand democrate... ahhahah

  • M4709037 le lundi 12 aout 2013 à 17:24

    Ces manifestants qui n'ont pas d'emplois (un tel a quitté son emploi dans le tourisme lit-on) de quoi vivent-ils donc ?