Les partisans de Lula et de Dilma contre-attaquent

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    SAO PAULO, 18 mars (Reuters) - Les partisans du Parti des 
travailleurs (PT) de Dilma Rousseff et de son prédécesseur à la 
tête du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, ont manifesté 
vendredi dans plusieurs villes du Brésil pour soutenir la 
présidente contre la procédure de destitution enclenchée au 
Congrès. 
    Sur l'avenue Paulista, à Sao Paulo, sous haute surveillance 
policière, ils étaient plusieurs milliers vêtus de rouge, la 
couleur du PT. "Nous sommes tous Dilma", pouvait-on lire sur une 
banderole tenue par plusieurs femmes. 
    Quelques heures plus tôt, la police anti-émeute avait fait 
usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour chasser des 
manifestants anti-gouvernementaux qui occupaient cette même 
avenue depuis mercredi soir. 
    La crise politique qui couve depuis des mois au Brésil, sur 
fond de scandale de corruption, a franchi un nouveau palier avec 
la nomination de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva 
(2003-2010) à un poste gouvernemental. Pour l'opposition, le 
pouvoir veut ainsi protéger Lula de poursuites dans le cadre 
d'une enquête pour blanchiment d'argent.  
    Lula, qui reste un des politiques les plus influents du 
Brésil six ans après la fin de son mandat, a été inculpé la 
semaine dernière de blanchiment d'argent et de fraude dans le 
cadre d'une vaste affaire de corruption dont le centre est la 
compagnie pétrolière publique Petrobras. 
    Le juge Sergio Moro, chargé de l'affaire de corruption, a 
fait diffuser des écoutes téléphoniques montrant selon lui que 
Lula et Rousseff ont discuté de la possibilité de pouvoir 
influencer le système judiciaire pour protéger l'ancien 
président. 
    L'opposition n'a jamais accepté sa défaite de 2014, année de 
la réélection de Dilma Rousseff, a répliqué Lula vendredi, 
ajoutant qu'il rejoignait le gouvernement pour aider le Brésil à 
renouer avec la croissance économique. 
    "Il n'y aura pas de coup d'Etat" contre la présidente 
Rousseff, a-t-il poursuivi devant ses partisans réunis sur 
l'avenue Paulista. 
    Mais une dizaine de plaintes ont été déposées devant la Cour 
suprême pour annuler sa nomination au poste ministériel de chef 
du cabinet civil. 
    A la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès, le 
combat s'est poursuivi après la désignation jeudi des 65 membres 
de la commission chargée d'examiner s'il y a lieu de lancer une 
procédure de destitution à l'encontre de Dilma Rousseff pour 
violation des règles budgétaires.  ID:nL5N16P6X9  
    Une session s'est inhabituellement tenue vendredi alors que 
les députés quittent habituellement la capitale, Brasilia, pour 
le week-end. Au total, la procédure prévoit que la présidente 
dispose de dix sessions pour exposer sa défense. 
 
 (Daniel Flynn; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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