Les partisans de la rigueur l'emportent aux Pays-Bas

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LES LIBÉRAUX DU PREMIER MINISTRE MARK RUTTE DONNÉS VAINQUEURS AUX PAYS-BAS
LES LIBÉRAUX DU PREMIER MINISTRE MARK RUTTE DONNÉS VAINQUEURS AUX PAYS-BAS

par Sara Webb et Anthony Deutsch

AMSTERDAM (Reuters) - Les partis néerlandais favorables aux politiques de rigueur dans la zone euro sont arrivés mercredi largement en tête des élections législatives aux Pays-Bas, le Parti libéral (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte étant crédité d'un siège d'avance sur le Parti travailliste (PvdA).

Selon plusieurs sondages réalisés à la sortie des urnes, les libéraux obtiennent 41 des 150 sièges de la chambre des députés contre 40 pour l'opposition travailliste emmenée par Diederick Samsom. Chacune de ces deux formations progresse de dix sièges par rapport à l'assemblée sortante.

Pour l'institut Maurice de Hond, les scores sont trop serrés pour les départager. Les résultats définitifs sont attendus dans la matinée.

Le Parti socialiste, opposé à l'austérité et aux conditions des plans de sauvetage européens des pays en difficulté, n'enregistre aucune progression, bien qu'il ait dominé le début de la campagne. Le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders, hostile à l'immigration et qui milite pour une sortie de l'Union européenne, pourrait quant à lui perdre le tiers de ses sièges.

Si ces résultats se confirment, Mark Rutte devrait être reconduit à la tête du gouvernement. Des tractations vont désormais commencer pour tenter de former une coalition.

Dans la soirée, Diederick Samsom s'est dit prêt à siéger au gouvernement et a lancé un appel à l'union nationale.

"Beaucoup doutaient qu'en si peu de temps, les Pays-Bas repasseraient du populisme à l'honnêteté en reconnaissant que les moments difficiles imposent des choix difficiles.

"Nous devons aux électeurs de travailler ensemble. Ce pays n'a pas besoin de polarisation mais de cohésion pour les cinq années qui viennent. Pas de divisions, mais de l'unité", a-t-il déclaré à ses partisans.

Même sans alliance formelle, la majorité dont disposent libéraux et travaillistes signifient que les Pays-Bas devraient rester l'un des plus fermes défenseurs des politiques de rigueur dans la zone euro.

Grande force politique de l'après-guerre jusqu'au milieu des années 2000, les chrétiens démocrates (CDA), partenaires des libéraux au sein du gouvernement sortant, essuient leur pire revers depuis des décennies.

"BOULEVERSEMENTS TECTONIQUES"

"On dirait qu'il va y avoir des bouleversements tectoniques dans le paysage politique", a reconnu la ministre de l'Intérieur Liesbeth Spies, issue du CDA.

Geert Wilders, responsable de la chute du gouvernement en avril, qui est passé d'un discours islamophobe à une dénonciation de l'UE, a quant à lui promis de rebondir.

"Notre combat est plus que jamais nécessaire aux Pays-Bas. Ces problèmes ne feront que croître et les meilleures années du PVV sont devant nous. Je ne démissionnerai pas", a-t-il affirmé.

Les derniers jours de la campagne se sont résumés à un face à face entre le Premier ministre sortant, ancien directeur des ressources humaines du groupe Unilever, surnommé "Teflon" pour sa capacité à résister aux coup durs, et l'énergique chef de file travailliste Diederick Samsom, ex-militant de Greenpeace que ses qualités d'orateur ont propulsé en quelques semaines au premier rang de la scène politique à la faveur de ses prestations dans les débats télévisés.

Les deux hommes qui appartiennent à la même génération - Rutte est âgé de 45 ans, Samsom en a 41 - ont écarté l'idée d'une cohabitation dans le cadre d'une coalition gouvernementale. Mais l'arithmétique parlementaire pourrait ne pas leur laisser d'autre choix.

"Les libéraux et les travaillistes sont voués à s'unir", a déclaré Philip van Praag, politologue à l'université d'Amsterdam, cité par l'agence de presse néerlandaise ANP.

Mark Rutte a prévenu qu'il poursuivrait sa politique de rigueur budgétaire sur le plan intérieur et qu'il resterait ferme dans les négociations européennes sur les conditions d'une aide aux pays en difficulté.

"Il y a un véritable choix à faire dans cette élection, qui concerne également l'Europe", a-t-il dit après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Allons-nous préserver notre relation étroite avec l'Allemagne et la Finlande dans la lutte contre la crise de l'euro ou y aura-t-il une évolution vers une Europe davantage portée vers les positions de la France, ce à quoi je m'opposerai ?"

"J'aimerais garder le même cap avec notre coalition de pays du nord de l'Europe", a-t-il ajouté.

Les Pays-Bas sont l'un des derniers pays européens dont la dette bénéficie toujours de la note maximale auprès des agences de notation.

Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français

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