« Les particuliers remettront certains biens sur le marché»

le
0
Arlette Darmon, notaire à Paris et présidente du groupe Monassier, analyse les effets de l'entrée en vigueur de la nouvelle fiscalité des plus-values.

LE FIGARO - L'allégement de la fiscalité sur les plus-values immobilières était-il attendu par vos clients?

Arlette DARMON - Oui, beaucoup de particuliers, ceux qui n'étaient pas obligés de vendre, avaient décidé de retirer leurs maisons ou leurs appartements de la vente. Ils devraient maintenant les remettre sur le marché.

Jusqu'au 1er septembre, il fallait en effet attendre trente ans pour être exonéré d'impôt sur les plus-values (hors résidences principales dont les plus-values ne sont pas imposées). Trente ans c'est une vie, quel que soit l'âge que l'on a! Comment demander à un jeune qui achèterait un bien à 25 ans d'avoir 55 ans pour ne pas être imposé? Beaucoup avaient donc décidé d'attendre une fiscalité meilleure pour vendre un bien locatif ou une résidence secondaire. Ils ont bien fait.

Le régime fiscal est-il vraiment attractif?

Autrefois, les plus-values immobilières étaient exonérées au bout de quinze ans, c'était un délai raisonnable. Depuis le 1er septembre, on est revenu à vingt-deux ans. Ce n'est pas aussi bien qu'avant, d'autant qu'il faut toujours attendre trente ans pour être exonérés de prélèvements sociaux, mais c'est un progrès. Et pendant un an le gouvernement a prévu également un abattement exceptionnel de 25 % qui est attractif.

Cela pourrait-il relancer le marché immobilier?

Pour les particuliers, il y a clairement une fenêtre de vente. Pendant un an, ils ont intérêt à se délester des biens dont ils n'ont plus l'usage. Le durcissement de la fiscalité immobilière avait stoppé le marché, cet abattement exceptionnel de 25 % pourrait le relancer. La plupart de ceux qui revendent rachètent un autre bien, cela devrait donc augmenter le nombre des transactions. Cela devrait aussi permettre à ceux qui souhaitent réorganiser leur patrimoine en apportant une maison ou un appartement à une société civile familiale de le faire à moindre coût.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant