Les parlementaires tirent la sonnette d'alarme sur la Défense

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LES COUPES EN VUE DANS LE BUDGET DE LA DÉFENSE ALARMENT LES PARLEMENTAIRES
LES COUPES EN VUE DANS LE BUDGET DE LA DÉFENSE ALARMENT LES PARLEMENTAIRES

PARIS (Reuters) - Sénateurs et députés français s'alarment des coupes annoncées dans le secteur de la défense et menacent de ne pas voter le budget pluriannuel qui sera présenté à l'automne.

Après Patricia Adam, présidente socialiste de la commission de défense de l'Assemblée nationale, qui a accusé le ministère de l'Economie de "vouloir tuer" la défense, son homologue du Sénat, Jean-Louis Carrère, a défendu mardi le même point de vue.

Le sénateur des Landes avait déjà déclaré la "patrie en danger" et laissé entendre que les parlementaires de tous bords, écologistes mis à part, pourraient ne pas voter la loi de programmation militaire 2014-2019 si elle faisait passer l'effort de défense sous la barre de 1,5% du PIB, soit environ le budget actuel, autour de 30 milliards d'euros annuels.

François Hollande présentera fin avril le "Livre blanc", qui fixe les orientations de la France en matière de défense et de sécurité pour les années à venir mais ce document ne devrait pas contenir d'indications chiffrées.

Pour connaître l'addition, il faudra donc attendre l'automne et la loi de programmation. Les parlementaires et les industriels de l'armement, qui attendaient le Livre blanc pour fin mars et le budget avant l'été, s'inquiètent et s'impatientent.

Les deux scénarios à l'étude, baptisés Y et Z, prévoient respectivement de réduire le budget de la défense de 15 et 30 milliards d'euros sur la période 2014-2019, le ministère de la Défense militant pour le premier et Bercy pour le second.

Dans les deux cas, le seuil de 1,5% de PIB serait enfoncé, ce que Jean-Louis Carrère ne peut accepter.

CRAINTES DANS L'INDUSTRIE

"Il ne faut pas choisir le scénario Y, il ne faut pas choisir le scénario Z. Il faut choisir le scénario qui rassemble la totalité des parlementaires français: un scénario qui reste à 1,5% du PIB, c'est-à-dire 30 milliards d'euros minimum. Il ne faut surtout pas enfoncer ce plancher", a dit le sénateur mardi sur France Info.

Traditionnelle variable d'ajustement en temps de crise, le budget de la défense a l'habitude de souffrir. Il est passé depuis longtemps sous le seuil des 2% de PIB, considéré par l'Otan comme la norme minimale pour permettre à un pays d'assurer sa part de l'effort de défense commun.

Les coupes annoncées soulèvent de lourdes craintes dans l'industrie de l'armement, l'un des fleurons de l'économie française, puisque certains programmes pourraient être reportés et d'autres supprimés avec des milliers de pertes d'emploi à la clé.

Les parlementaires soulèvent en outre un risque pour la souveraineté de la France, puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu.

Ils redoutent notamment que la France ne puisse plus, à l'avenir, pénétrer seule en premier sur un théâtre d'opération, comme elle vient de le faire au Mali.

Jean-Louis Carrère a dressé mardi un tableau noir de ce que deviendrait la défense de la France si le scénario Z, le plus rigoureux, était choisi.

Dans ce cas, "notre défense se résumerait à une force de dissuasion et quelques forces spéciales. On ne pourrait plus entrer au Mali, seuls et en premier", a dit le sénateur socialiste.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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